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 Manoir Yoki (reconstruction)

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Trezilka Maverick
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MessageSujet: Re: Manoir Yoki (reconstruction)   Lun 12 Oct - 20:46

Juste assez loin de toute cette scène potagère, assez loin pour ne pas être repérés; deux énergumènes enveloppés de longs pardessus noirs étaient perchés sur deux branches d'un arbre, enfouit dans la lisière de la forêt. De là où ils étaient, ils avaient tout le loisir de contempler l'immense étendue de l'avant cour du manoir, ainsi que tout ce qui s'y manigançait. Une chose semblait faire sourire l'un des deux types. Bien qu'on ne pouvait le distinguer qu'à moitié, leur capuche ne laissant transparaître qu'une demi bouche, le reste de leurs visages étant cachés par l'ombre que leur faisait leurs couvre-chefs.

-Il semblerait que nous ne sommes pas les seuls à vouloir faire une petite incursion dans cette vieille battisse...
-En effet... Voilà qui est intéressant... Vu la silhouette, je dirais une femme...
-Plutôt jolie je pense...
-Hum... Veux tu dire par là qu'il faudra faire attention de ne pas trop la brutaliser?
-Rien de tout cela. De toute façon, si elle ne se met pas en travers de nos plans, il n'y a aucune raison de la tuer. Bien entendu, si tel n'est pas le cas... alors....
-Je vois...


Les deux hommes, (car il semblait bien que c'étaient des hommes, d'après leurs voix caractéristique), avaient observés très attentivement tous les alentours, tout comme Cassandra, qu'ils avaient vus faire de même. Ils eurent d'ailleurs tout le loisir de la voir se "déhancher" pour enfin pénétrer le manoir Yoki, avec succès.

-Elle à l'air de se débrouiller en tout cas.
-Suffit. Reparlons plutôt de ce qui nous intéresse...
-Oui, tu as raison.
-Julien Trévor est là. Il nous le faut mort. Il ne nous gênera plus jamais ainsi, et nous auront tout le loisir de récupérer les dossiers cachés dans cette demeure....
-Aucun souci... Ca va être une partie de plaisir.
-Justement... non... je ne pense pas, qu'aussi bête qu'il puisse être, il aurait oser se "pavaner" tout seul. Nous avons sûrement l'avantage d'avoir étés discrets durant sa poursuite, mais as tu vu par qui il était accompagné?
-Succinctement... mais oui...
-Il avait un katana... Et une aura caractéristique émanait de ce type... c'était beaucoup plus marquant que Trévor.
-Tu veux donc dire qu'un membre de la Rese-T-Enebra serait venu lui prêter main forte?
-Sûrement... Peut être un... et pourquoi pas deux... On n'en sait rien... Mais sûrement, qu'il y a au moins, un Guerrier de la Rese-T-Enebra à ses cotés. Un "Samuryoden".
-Pfff... Ca va être plus chiant que prévu c'est tout....
-Trezilka Maverick, à l'aide d'un autre Samuryoden, a tué Number one.... Two.... Three....
-C'était donc vrai?
-Pas qu'un peu. Alors quoi qu'il arrive, ne les sous estimes pas.
-Ne t'inquiètes pas. S'il le faut, on y mettra toute la gomme... ça changera...
-Oui. Attendons un peu encore. Laissons le soin à la demoiselle, de nous devancer un peu. Ca ne sera que mieux, pour notre propre incursion.
-Très bien. J’ai hâte…

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Martin Wallace
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MessageSujet: Re: Manoir Yoki (reconstruction)   Mar 13 Oct - 20:59

Manoir Yoki, Aile Ouest.

Cassandra se trouvait dans l'aile Ouest du manoir, étant rentré par une petite porte de service. Elle était dans un petit local qui avait servi autrefois à entreposer les outils pour l'entretiens de l'immense propriété comme en témoignaient les pelles et les pioches accrochées sur les pans de murs. Cependant, aucune particule de terre ne venait salir les outils, même s'ils étaient rouillés, ils étaient entretenus. A terre Cassandra pourrait remarquer quelques caisses de munitions où se trouvaient encore l'inscription « Western Red Beehive » avec le dragon Amestrien et la petite abeille rouge. Cette appélation datait du tout début des Red Beehive quand Martin Wallace était Général de secteur Ouest et qu'il avait créé ce groupe indépendant de l'armée pour traquer les groupes terroristes de l'Ouest. Lorsque les Red Beehives avaient été rattaché à l'armée et renforcés de contingents armés durant la guerre contre Aerugo, l'appelation avait été abandonnée, la petite force armée marginale était devenu un puissant régiment de l'armée Amestrienne commandé par Cassandra Stanford. Quelques armes étaient entreposées là sur les établis : trois fusils Lee-Enfield et deux pistolets-mitrailleurs Thompson, on pouvait même voir deux fusils Mauser et un Luger. L'armée présente sur les lieux du manoir était armée avec des armes de guerre, pas d'armes bon marché facile à trouver au marché noir, mais des armes utilisées par les armées. De plus, certaines de ces armes étaient démontées et du matériel disposé autour montrait que la personne travaillant dans cette pièce nettoyait le matériel avec une main experte. Une vieille affiche était épinglée sur un tableau de bois, représentant des soldats Amestriens en tenue de combat , marchant au pas et avançant l'air belliqueux, baillonnette au canon, avec l'inscription « 1912, l'année où tu terrasseras Aerugo aux côtés de tes camarades. ». Ces affiches dataient de la fin de la guerre, des affiches de propagande afin d'enrôler un maximum de soldats, alors que le combat prenait une très mauvaise tournure. Une petite porte de bois menait à un couloir désert de l'aile Ouest où le sol était recouvert de tapisseries de luxe extrêmement bien entretenues et parsemé de vieux meubles dans un état de conservation parfait. Le manoir n'était pas aussi désert qu'on avait bien voulu le faire croire. Des tableaux représentant des natures mortes étaient pendus aux murs et dénotaient la grande richesse du manoir.
Aucune porte n'avait vraiment été fermée dans le manoir mais pourtant l'endroit était très gardé. L'accès aux niveaux inférieurs se trouvait par chance pour Cassandra à l'aile Ouest, mais il se trouvait dans un salon à l'autre bout de l'aile et ce salon avait de grandes chances d'être occupé car c'était une des pièces principales du manoir. L'immense couloir se terminait sur un petit secrétaire avec une lampe et une radio militaire. Les soldats et les Jok's Kids avaient leur propre systéme de communication, là-encore du matériel de pointe militaire. L'opérateur radio n'était pas à son poste, mais ce n'était pas étonnant aux vues des remarques des autres soldats, par contre sur le bureau se trouvaient des papiers bien rangés où étaient notés les rapports de l'opérateur et les ordres. Le premier de la liste était visiblement une plainte.

Emetteur : Soldat opérateur John Fernoli
Destinataire: Sous-Lieutenant Otavia Litz

J'ai transmis tous les messages demandés dans les circulaires précédentes. Je dois cependant faire état de certains désagréments surgis à la suite d'altercations avec les hommes du Joker. J'ai surpris le dénommé Arnaud en train d'essayer de dérober les cables d'alimentation de rechange de la radio, je l'ai immédiatement réprimendé. Je ne peux plus tolérer ça et vous demande de remettre d'aller parler au responsable de leur groupe afin d'éviter de nouveaux problémes de fauche comme ceux encontrés dans le garde-manger.


Cassandra reconnaîtrait surement un nom qui lui était familier. Pour ce qui était du couloir, une porte menait à un petit salon où se trouvait un soldat en train de lire, Cassandra devrait sans doute être très discréte si elle voulait passer.



Flashback

Créta, 15 Juin 1912

Les combats faisaient rage à 70 km de la frontière entre Créta et Aerugo. Les troupes Aerugolaises avaient compris que les Amestriens n'avaient autre choix que de se replier et d'entrer dans une logique défensive. Alors que le gros de l'armée Amestrienne préparait la ligne de défense Médusa afin de stopper une bonne fois pour toute les Aerugolais, quelques sections avaient été envoyées au front pour ralentir la progression de l'ennemi. Des tirs d'armes à feu en tout genre et d'artillerie retentissaient dans toute la zone de campagne occupée par quelques rizières. Un petit détachement de Red Beehive avait été dépêché pour l'occasion afin de repoussé un groupe d'Aerugolais qui était un peu trop ténace et hardi. Le groupe était dirigé par Cassandra Stanford en personne, pour une de ses rares apparitions dans le conflit sur le champ de bataille, et elle était assistée par le Otavia Litz. Un camion de transport de troupe roulait à toute allure sur la petite piste entre les rizière jusqu'à arriver à l'entrée d'une petite ville où un soldat de l'armée régulière les attendait. Il se mit au garde-à-vous devant la troupe et fit son rapport.

« Ils sont à environs 300 mètres d'ici, il y a un char Leeman Russ. Nous vous attendons depuis plus de deux heures. »

Cassandra laissa le flambeau à Litz de commander le groupe, elle se contenta de saisir son Mauser à lunette, la bataille pouvait commencer. Cassandra monta dans un clocher, et alors que ses camarades montaient au front ne faisant qu'une bouchée de l'infanterie Aerugolaise, elle scruta l'horizon, et repéra un Aerugolais armé de lance-flamme. Le viseur du Mauser se fixa sur le gros réservoir de combustible alors que l'homme commençait à tirer en direction des soldats Red Beehive. L'homme avec son masque à gaz et son long manteau avait un aspect complétement inhumain.

« Je vais vous faire rôtir, retournez d'où vous venez. »

Alors qu'il parlait, les flammes commençaient à dévorer toute la rue qui servait de champ de bataille, se rapprochant dangereusement des Red Beehives, alors que d'autres soldats Aerugolais en profitaient pour se placer à nouveau dans le but de repousser l'offensive. Litz eut un petit sourire.

« Goldeneye veille sur nous. »

Les pupilles du soldat se dilatèrent derrière son épais masque à gaz, et une balle transperça le réservoir qui explosa alors les soldats aux alentours tombaient comme des mouches.




Julien Trevor contemplait toujours le spectacle du soleil qui s'était presque totalement couché alors que les nuages envahissaient le ciel et que de petites gouttelettes tombaient lentement. Trevor aperçut la petite porte de service légerement ouverte puis se refermer. Il eut un petit sourire de satisfaction et se tourna afin de se diriger vers la porte.

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MessageSujet: Re: Manoir Yoki (reconstruction)   Ven 16 Oct - 21:22

Furtivité, le mot d’ordre était furtivité.

Après que la porte se fut refermée sur elle – la jeune femme n’avait pas compté changer la configuration du terrain, a priori l’ouverture de la porte, mais avait du couvrir ses arrières au cas où quelqu’un aurait l’idée de passer par-là, et avoir le temps de se dissimuler dans l’ombre le cas échéant - Cassandra tomba sur la pièce qu’elle escomptait. Au fait du plan du manoir, et forte des explications de son frère Hecvtor, elle ne fut donc pas surprise de voir les outils, parfaitement nettoyés et rangés. A la rigueur, elle n’aurait pas non plus été étonnée de les voirs rouillés, puisque l’endroit était sensé être abandonné voire détruit, mais les voir en parfait état était on ne peut plus logique, puisque le manoir semblait plus vivant que jamais.

En théorie, Cassandra savait donc ce qu’elle trouverait dans cette remise, cependant, hors de question d’y pénétrer en terrain conquis : elle avait pris le temps de bien observer l’intérieur avant de s’avancer, afin d’être certaine qu’il n’y avait aucune présence humaine. Comme c’était bien le cas, ses investigations pouvaient commencer et en beauté, c’était le moins que l’on puisse dire. Aussitôt arrivée, elle captait une conversation révélatrice, observait deux des factions en présence (possible qu’il y en ait plus, mais peu probable au vu de ce qu’elle avait pu épier) pour tomber ensuite sur une remise transformée en dépôt d’armes. Ca en devenait presque trop parfait, et elle n’en était qu’au début. Pourtant, à se retrouver confrontée à tant d’évidences qui lui tombaient peu à peu dans les bras, au lieu d’en être contente, Cassandra paraissait plutôt ennuyée. La satisfaction davoir raison et de voir ses théories fondées ne pouvait supplanter l’appréhension et le danger que représentait ce qui allait suivre ? Le pire semblait être à venir… à moins que le pire ne soit déjà là. C’est ce que pensa la jeune femme lorsque, sur le côté d’une des caisses de bois servant au transport des munitions, elle put y déchiffrer le nom de "Western Red Beehives" assorti de l’emblème du pouvoir amestrien et du symbole de l’abeille écarlate. Avec cela, il n’y avait guère de doute quant à sa provenance…
On aurait pu penser que c’était du matériel de contrebande, puisque l’appelation était dorénavant désuète, cependant, au vu du soin apporté à ces armes, à l’entretien quasi-religieux dont elles avaient fait l’objet, qui plus est des armes uniquement utilisées par les troupes officielles, ça ne pouvait nullement être le cas. Pas même l’ombre d’un soupçon ne vint effleurer l’esprit de Cassandra, d’autant plus que l’affiche qui trônait sur le mur avait tout d’officiel elle aussi : la jeune femme l’avait vue maintes et maintes fois placardée un peu partout, comme il sied à tout bon message de propagande. En tant que commandant des Red Beehives et la plus gradées, elle connaissait parfaitement l’historique de ce contingent, de sa création par Martin Wallace alors affecté à l’Ouest, jusqu’à aujourd’hui, où elle savait avec précision où chacun de ses hommes était situé. Et si des membres ou anciens membres de ses troupes étaient impliqués, elle l’aurait probablement découvert, car même si la jeune femme n’en avait pas l’air, derrière cette façade glaciale, tel un iceberg ne montrant au monde qu’un dixième de sa surface, se cachait bien le cœur d’une femme soucieuse du bien être de ses hommes, bien au-delà de leur simple collaboration de fait. Cassie se tenait donc au courant de ce qu’ils devenaient après avoir quitté les Red Beehives, presque systématiquement. Sauf dans un cas, souvenez-vous : cela s’est passé il y a quelques temps, à Aquroya, la ville de l’eau, pendant l’occupation aerugue. Le jour où elle avait rencontré la personne que tout le monde croyait morte, celui-là même qui avait créés les red Beehives : Martin Wallace. Que lui avait-il dit ce jour-là, lorsque Cassandra lui avait posé la question concernant les 250 hommes dont il n’y avait plus de trace ?
Lorsqu’il n’y avait personne autour d’elle, Cassie se laissait volontiers aller à ses émotions, et si quelqu’un l’avait vu en cet instant, il n’aurait pu déchiffrer quoi que ce soit sur son visage, tant des sentiments contraires semblaient l’animer.


Martin Wallace a écrit:
"Les Red Beehives étaient pour la plupart des engagés volontaires pour un conflit, c'était le cas de ces 250 hommes qui étaient des fermiers de l'Ouest que j'avais fait entraîner lorsque j'étais Général de secteur à l'Ouest. Ils ont contribué à l'effort de guerre, et maintenant ils ont pu rentrer chez eux...c'est la moindre des choses, ces guerres ont suffisamment marqué les coeurs."


L’ex-généralissime Martin Wallace. Une des seules personnes à qui Cassandra avait accordé sa loyauté, sans compromis. Pourquoi ? Car tout le temps où la demoiselle était restée à ses côtés, ce qu’elle avait vu de sa politique, de ses idées faisait écho aux siennes. En apparence, Martin lui donnait depuis longtemps l’impression de partager son âme patriotique, si ce n’est ses idéaux. Simple impression induite par l’admiration qu’elle lui portait, allant jusqu’à oblitérer son jugement ? Jugement qui ne souffrait pas de voir ternir le nom de son maître en alchimie, et lui faisait rejeter l’évidence ?
Si ce fut le cas pendant un moment, les derniers évènements l’avaient amenée à ne plus ignorer sciemment certaines données du problème. Martin lui cachait des choses depuis longtemps, c’était un fait avéré, et si Cassie avait respecté cela, arguant que c’était peut-être pour ne pas l’impliquer dans quelque chose qui la dépassait et la mettrait en danger, à présent, elle avait décidé de ne plus accepter ces zones d’ombre et d’en découvrir l’origine. Aussi difficile que cela soit pour la demoiselle, Martin avait lui aussi droit à ses conjectures et à sa part de suspicion.
Dans ces conditions, pas étonnant qu’elle ait reconnu chez ces deux soldats des militaires de carrière, s’ils faisaient partie comme elle le supposait des Red Beehives "débauchés" par… par qui au juste ? Ce ne pouvait être Martin à lui tout seul qui avait fait cela, ni le Joker d’ailleurs, car Cassandra connaissait ces hommes, qui jamais ne se seraient associés à ce hors-la-loi. D’ailleurs, il y avait des conflits entre ces deux factions, ce qui tendait à prouver que cette alliance était fragile. Ca n’aurait pas été le cas s’ils partageaient une même vision des choses.

Quoi qu’il en soit, l’heure des hypothèses n’est plus, il est temps d’avancer pour le commandant Stanford. Avancer est dangereux, mais rester sur place l’est tout autant, la possibilité d’être surprise par l’une ou l’autre porte étant élevée. Veillant bien à ne rien toucher des armes disposées dans la pièce – bien que la tentation soit grande, le risque là encore d’en faire tomber une par mégarde, ou de pas la replacer correctement ce qui pourrait alerter un bon observateur, était présent – Cassandra continua vers la petite porte, et posa son oreille contre le bois. Pas un son ne lui parvint, elle se risqua donc ensuite à jeter un œil par l’étroite serrure. Le couloir était suffisamment éclairé pour qu’elle ne distingue aucune présence humaine, bien que l’atmopshère semble un peu lourde et pesante. L’apanage des manoirs gothiques sans doute…
Après la réflexion et la prudence, l’action donc : prudemment, après s’être assurée que les gonds n’étaient pas rouillés et ne feraient qu’un bruit modéré, Cassandra ouvrir la porte et posa le premier pas dans le couloir. Une grande impression de contraste l’assaillit, puisqu’elle pénétrait enfin dans les entrailles véritables du manoir, qui donnaient le ton de l’opulence et la luxuriance due à ces lieux : de lourds tapis et tapisserie décoraient avec goût ce corridor, des tableaux et des meubles coûteux, comme on s’attendait à en trouver ici. La taille de ce couloir était assez modeste, alors que celui qu’il croisait plus loin à la perpendiculaire était bien plus en proportion des lieux, large et dégagé, et devait constituer un axe principal de la demeure. Un carrefour à aborder là aussi avec moultes précautions...

A pas de chat, la Cassandra toute de noir vêtue s’avança, tendant l’oreille, afin de percevoir le plus petit son, en rasant les murs le plus bas possible. C’était une technique de furtivité que d’avancer ainsi, avec circonspection et méthode, puisqu’elle s’arrêtait assez souvent pour écouter si le silence perdurait. Heureusement, c’était le cas, et sa progression bien que lente était constante, jusqu’à ce fameux couloir. Au lieu de jeter un coup d’œil derrière le mur, Cassie éprouva une autre technique reconnue : sortant un petit miroir de sa poche, elle tendit la main pour examiner ce qui se trouvait dans son dos, derrière une porte ouverte cette fois. Une grande, très grande pièce, là encore meublée dans le plus pur style classique, mais désespérément vide… ah non, pas cette fois, il fallait bien qu’un jour, cette insolence chance finisse par tourner. Voilà donc le premier signe de présence humaine, hormis les gardes à l’extérieur, qu’elle rencontra dans cette bâtisse. Il n’était assez difficile d’avoir une bonne vision de la situation à travers le prisme du miroir, mais il semblait à la demoiselle que, loin de faire une ronde, ce dernier était confortablement installé dans un fauteuil, passionné par sa lecture. Si elle continuait sur sa lancée de discrétion, il y avait peu de probabilités qu’il la repère, si le but de la demoiselle était juste de passer devant cette porte. Vu que Cassandra avait aperçu un peu plus loin dans le couloir un petit bureau, sur lequel trônait une radio. La radio n’était pas sensée fonctionner, aucune surprise donc de ne pas y trouver l’opérateur affecté. Mais ça pouvait être une bonne source d’information si ce dernier était aussi méticuleux que les opérateurs des Red Beehives qu’elle avait eu sous ses ordres…
Le choix fut assez vite fait, et sauter sur l’occasion ne lui prit pas plus de quelques secondes, au bout desquelles elle se trouvait exposée en pleine lumière, certes, mais dans un couloir vide, où elle pourrait lire – en se dépêchant tout de même – ce qui était écrit sur les notes.
Avait-elle bien fait de s’y risquer ? Dans un certain sens, Cassandra aurait préféré s’en abstenir, vu que ce sursaut de curiosité venait de confirmer ce qui n’avait jusqu’alors été qu’une hypothèse : les Red Beehvies étaient bien sur les lieux, vêtus de cet étrange uniforme couleur sable aux décorations mauves. Au moins un des noms cités sur le papier qu’elle venait de lire lui était familier… Ottavia Litz, une des rares femmes à faire partie des Red Beehives, par conséquent une des recrues favorites de Cassandra. Elles avaient participé toutes deux au conflit à Créta, où elles avaient su faire montre de leurs talents respectif. Bien qu’elles ne soient pas plus proches que cela, il y avait une sorte de solidarité toute féminine qui avait su se tisser entre elles, et il y avait fort à parier que les deux femmes avaient un profond respect l’une pour l’autre. Cassie se souvenait avoir déploré de perdre une telle recrue après le départ d’Aerugo des terres amestriennes, aujourd’hui, elle comprenait pourquoi… Où plutôt, elle comprenait où était le sous-lieutenant Litz, le pourquoi était une autre histoire dont elle était bien décidée à avoir le fin mot. Oui, plus elle avançait, et plus Cassandra se sentait déterminée à savoir ce qu’il se passait dans ce manoir. Nombre de ses questions pourraient trouver ici un début de réponse, elle en était persuadée. Que ce lieu regroupe autant de mystères et de solutions était en lui-même un de ces mystères, il ne tenait qu’à Cassandra de continuer et de le résoudre.

Le commandant amestrien n’avait lu que la première feuille de la pile, pour ne pas laisser de trace en dérangeant le bureau, et ausitôt fait, avait replongé dans la pénombre du couloir, moins bien éclairé que le secrétaire. Si la jeune femme était plus ou moins choquée par ce qu’elle venait de découvrir, et puis confirmer grâce à ces mots, elle n’en laissait rien paraître dans ses actions, et continua sa route sans sourciller. Pour rejoindre l’endroit qu’elle visait, à savoir le sous-sol, il lui faudrait passer par ce salon occupé par le garde bibliophage. Si ce dernier semblait absorbé par cette lecture au point de n’en pas avoir levé les yeux depuis qu’elle l’avait observé, il ne serait pas aveugle au point de ne pas remarquer une jeune femme n’appartenant pas à son contingent traverser la pièce devant lui… et puisqu’elle devait nécessairement passer devant le fauteuil qu’il occupait pour parvenir à l’autre porte donnant sur la partie de l’aile Ouest menant à son but, il fallait qu’elle trouve un moyen de faire diversion…
Quelques secondes de réflexion, et Cassandra avait déjà trouvé une idée pour arracher l’homme à sa contemplation littéraire, une idée toute simple, qui ne devrait pas éveiller le moindre soupçon. Revenant prudemment près de la radio, Cassie prit avec précaution le micro, le plaça sur le bord du secrétaire en équilibre précaire, où il serait retenu par un autre élément du secrétaire placé sur son pied du côté opposé au vide. Cet élément, une vulgaire gomme, genre d’objet que l’on perdait si facilement, avait été bien vite entouré d’un fil invisible par la demoiselle, filin qu’elle portait dans une des poches de son treillis, et elle retourna se poster de l’autre côté du couloir. En tirant sur ce fil, elle ferait tomber le micro, et créerait assez de bruit pour faire lever le soldat. La gomme quant à elle serait jeté bien vite à côté du secrétaire : qu’importe où elle tombait, c’était le genre de chose qu’on perdait souvent, et qui pouvait se retrouver n’importe où (Vous aussi vous avez tous cherché de partout une gomme tombée par terre par qu’elle avait rebondit n’importe comment, avouez-le !). Son "piège" était en place, voyons voir si un stratagème aussi simple pensé en quelques secondes serait payant.


"C’est quoi ce bordel ?!"

Interrompu au beau milieu d’un des plus intéressants passages de son roman, la mort d’un des protagonistes, qui plus est un de ses préférés, le soldat assez contrarié exprima son mécontentement de la sorte puis se leva prestement pour aller identifier l’origine du bruit. Il ne tarda pas à trouver le micro par terre, et à en déduire ce qu’il fallait.

"Crétin d’opérateur radio ! Il ne peut pas faire attention à son matériel !"

Le soldat était passé tout près de Cassandra, dissimulée dans l’ombre d’un autre meuble, dans l’autre partie du couloir, et saisit l’occasion de passer par le salon, et par l’autre porte ouverte – non sans avoir vérifié la praticabilité des lieux ci-derrière – dès qu’elle en eut l’occasion.

Un pas de plus vers la vérité.
Un pas de plus vers le danger ?
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MessageSujet: Re: Manoir Yoki (reconstruction)   Sam 17 Oct - 20:57

Cassandra avait réussi à passer le premier « verrou » de la garde du manoir, en pénétrant un peu plus profondément dans la bâtisse immense. Lorsqu'elle entra dans le petit salon, elle put voir tout un joli assortiment de meubles anciens. Une table était recouverte d'une nappe brodée avec des verres en cristal et une grande fiole contenant une liqueur de luxe. Les grandes fenêtres affichaient un ciel complétement couvert...soudain un violent coup de tonnerre se fit entendre, et un éclair zébra le ciel, avant que ce dernier ne se mette à lâcher de grosses gouttes qui tambourinaient les vitres du manoir. La vieille et immense bâtisse pouvait donner des frissons. La porte de bois qui permettait de sortir du petit salon portait les armoiries des anciens propriétaires et menait sur un autre petit couloir tout aussi décoré que le premier.

Dans ce petit couloir, un tableau d'affichage était fixé au mur et plusieurs papiers avec le symboles d'Amestris y étaient épinglés, notamment un avec toute sorte de consignes de sécurité en laboratoires et concernant les risques chimiques et biologiques en laboratoire. La formule avait de quoi surprendre. Un autre petit papier était fixé.


Tout le personnel de l'installation de Youswell se doit de respecter scrupuleusement les consignes. Tous les employés se verront attribuer des codes d'accés correspondant à un niveau de sécurité. Cette installation comporte trois niveaux de sécurité :

-Niveau 1 : Zones accessibles à tout le personnel, les membres de la sécurité se doivent cependant d'effectuer des contrôles d'identité réguliers dans ces niveaux.

Zones concernées : Accès au sous-sol

-Niveau 2 : Zones avec du matériel sensible, n'oubliez pas vos codes pour vous y rendre.

Zones concernées : Laboratoires de biologie, de biochimie et d'alchimie du vivant ainsi que tous les bureaux du personnel scientifique et administratif.

-Niveau 3 : Zones strictement réservées au personnel autorisé, toute personne tentant de s'introduire dans une zone de niveau 3 sera strictement sanctionnée par un blâme.

Zones consernées : Armurerie, Chambres de culture, Couveuse

Votre Directeur, docteur Harry Soler


Un autre papier du Sous-Lieutenant Litz avait été posé en mémo sur le papier pour se rappeler du code d'accès au sous-sol en cas de probléme, mais l'interdiction d'y aller pour les soldats était rappelée.

Code d'accès au sous-sol : 021578A512

Cassandra reconnaîtrait sans doute la signature de son ancien groupe d'assaut. En effet, 512 était le numéro de la section de Litz et Stanford à Créta, et elles avaient l'habitude de le rajouter à tous les codes pour que personne ne les décrypte à la radio, c'était une sécurité supplémentaire pour cacher des données cryptées. La raison de cette subtilité n'était pas difficile à comprendre si on considérait que des Jok's Kids étaient dans le bâtiment, et que ces derniers étaient loin d'être fiables. Au milieu du couloir se trouvait une pièce éclairée où quatre hommes jouaient aux cartes, la porte étant ouverte, ils avaient une vue sur le couloir. Deux de ces hommes portaient l'uniforme sable, et deux autres étaient habillés de guenilles. Leurs armes étaient déposées aux pieds des chaises, cependant, les trois premiers boutons des uniformes des soldats étaient défaits, et ils ne portaient même pas leur casquette réglementaire, et aux vues des bouteilles trônant sur la table, ces derniers n'étaient pas en service. Un des Jok's Kids avala une grande gorgée d'alcool et se tourna vers un des soldats.

« ...Alors Flavio, tu mises combien? Visiblement, tu tires mieux que tu ne joues...Ce n'est pas pour dire mais on devrait mettre une minuterie quand c'est à toi de jouer. »

L'autres Jok's Kids éclata de rire, suivi de l'autre soldat, visiblement trop soul pour dire quelque chose de cohérent. Flavio répondit avec un petit sourire.

« En réalité, je pense que t'es vraiment une petite frappe Jean, aussi je relance de 50 cenz, voir si t'as les cojones de suivre. »

Le soldat émit un petit ricanement alors que l'autre Jok's Kids était toujours écarlate tellement il avait ri, c'était à même à se demander comment il pouvait encore jouer au poker tellement il était ivre.

Flashback

Créta, 20 Juin 1912,

Les combats avaient gagné la forêt tropicale de Créta, et le petit groupe de Red Beehive était sous le feu, même Cassandra qui était normalement le sniper du groupe avait du descendre de son perchoir pour le combat rude, le vrai. Les Aerugolais n'avaient pas voulu lâcher la région et le petit village que les Red Beehives avaient investi avait subi les assauts incessants des sections motorisées Aerugolaises pendant deux jours, les Red Beehives avaient éliminé à eux seuls plus de 30 grenadiers et deux chars lourds Leman Russ. Les troupes d'élite avaient du abandonner leur position lorsque les Aerugolais avaient commencé à tirer sur leurs positions au mortier et à l'artillerie lourde. Leur repli s'était effectué sur les ordres de Cassandra dans la jungle environnant le village, dans cet épais couvert végétal, ils n'étaient plus susceptibles d'être alignés par l'artillerie, car les guetteurs ne les repéreraient pas. Ils avaient été rejoint par une vingtaine de soldats de l'armée régulière qui s'étaient replié et appartenaient au groupe d'assaut Behemoth qui avait été défait au Nord une semaine avant. Cependant, depuis 24 heures, l'infanterie Aerugolaise les harcelaient, tentant de les encercler. Le combat dans la jungle était souvent presque du corps-à-corps, et pas mal de soldats Amestriens qui les avaient rejoint étaient morts, cependant, les Red Beehives n'avaient toujours eu aucune perte, ce qui était normal, Cassandra s'était entouré des meilleurs éléments pour la mission, le seul absent était le Lieutenant Blaken, qui combattait à East City.

La chaleur humide était pesante, et les soldats Red Beehives étaient accroupies dans l'immense décors vert qui semblait être un rêve. Cette partie de Créta était nommée par les Aerugolais et les Amestrien l' «Enfer Vert » tellement il était dur de survivre dans un tel environnement, et Cassandra avait pris des risques de s'aventurer dans un tel environnement. En bonne tacticienne elle avait envoyé un des soldats Amestrien effectuer une reconnaissance, le groupe avait réussi par reconnaissances successives à échapper aux Aerugolais, cependant, ces derniers étaient bien meilleurs à ce type de combat, ils avaient mis leurs baïonnettes aux canons et chassaient les Amestriens dont l'uniforme bleu ne permettait aucune cachette. Litz fit signe à Cassandra de regarder dans la direction d'un immense tronc d'arbre, l'éclaireur revint, haletant.

« Ils sont derrière m... »

Un tir de fusil lui percuta la tête, un officier Aerugolais sortit le sabre de son fourreau et désigna la position des Amestriens avec en hurlant.

« Les Schtroumpf sont ici, y a même une section de cafard, BAIONNETTE AU CANON. »

Cafard était la dénomination que donnaient les Aerugolais aux Red Beehives. A cet instant au moins une trentaine de fantassins Aerugolais fonça sur le petit groupe, prêt à en découdre. Cassandra se leva et hurla elle aussi ses ordres.

« Ne leur faites pas de cadeau, battez vous jusqu'à la mort! »

Les Amestriens avaient eux aussi leurs baïonnettes et se ruèrent sur les Aerugolais, une mêlée se forma, avec de temps en temps des tirs d'arme à feu, suivi de cris de rage, de douleur, parfois même de peur. L'officier Aerugolais était un véritable colosse et ne dégaina même pas d'arme à feu, décapitant d'un seul coup avec son sabre deux soldats Amestriens. Litz tenta se le charger avec son fusil mais il lui assena un violent coup de poing en laissant s'échapper un petit rire.

« C'est tout ce que vous savez faire, maintenant finissons en vite. »

Il s'appreta à transpercer Litz, qui était à terre, avec sa lame. Cependant Cassandra lui donna un coup de crosse dans le ventre.

« Attaque toi à quelqu'un de ta trempe. »

L'officier laissa échapper un petit gémissement et recula de quelques pas sous la violence du coup. Il se releva légèrement, remettant son masque à gaz en place et rit à nouveau, frappant quelques coups de son sabre dans l'air.

« T'en veux aussi? Tu sais quoi, avant j'étais charcutier, et ma spécialité c'était la farce, prépare toi car je vais te hacher menu ma jolie. »

L'homme se lança sur Cassandra, qui amortit ses coups avec sa baïonnette.

« Pas mal, mais pas suffisant. »

L'officier qui faisait deux fois la largeur de Cassie releva rudement son genou qui vint percuter le bas du ventre de Cassandra, la projetant à terre. L'homme accompagna son mouvement d'un coup de poing brutal, et enleva son masque à gaz, dévoilant un visage rond, dont la joué était zébrée d'une cicatrice, d'un homme qui avait au moins 55 ans. Cassandra reconnaîtrait sur ses épaulettes le grade de Colonel. C'était étonnant qu'un officier aussi gradé et aussi âgé combatte au front, et surtout dans un environnement aussi hostile.

« Eh oui, il n'y a pas que les officiers Red Beehives qui combattent au front. Je me présente, je suis le Colonel Herman Fensway, et je te dis également adieu. »

Au moment où l'homme allait abattre sa main armée sur Cassandra, un coup de baïonnette frappa sa main, le forçant à lacher son sabre où était sculpté l'aigle bicéphale sur la garde. Un des Red Beehives donna un violent coup de crosse à Fensway, l'envoyant au tapis, alors que l'homme se tenait encore la main ensanglantée en hurlant de douleur. Le Red Beehive tendit la main à Cassandra pour l'aider à se relever, il s'agissait de Flavio Valenti, selon tireur d'élite du groupe. Le vent avait tourné en la faveur des Amestriens, et les Aerugolais étaient tous morts. Quant à Fensway, il avait disparu, Valenti ramassa le sabre de commandement.

« Belle pièce, ça sera mon souvenir. »

Valenti ne quitta plus jamais ce sabre.


Cassandra reconnaîtrait sans doute Valenti en train de jouer au Poker. Ce dernier ne portait plus le même uniforme ni le sabre qu'il portait dans un fourreau à la ceinture, cependant sa voix et son visage n'avaient pas changé d'un poil. Une porte se trouvait à la droite de Cassie, et elle menait sur le fameux salon où se trouvait l'immense porte d'acier avec un code à entrer sur une petite console à côté.
Deux soldats se trouvaient devant la porte et étaient quant à eux en tenue de combat et armée de Mauser. Une femme, Acia Vala, et John Fernoli, l'opérateur-radio. Ils semblaient en pleine conversation au sujet des tours de garde.

« C'est toujours à nous de se coltiner les tours de gardes, alors que personne ne vient dans ce foutu manoir, il n'y a que nous pour être assez fous pour rester ici. »

« Tu l'as dit, en tout cas je préfère être ici au chaud plutôt que d'être dans la forêt. »

Le salon où se trouvait la porte d'acier était bien plus grand, et une immense table de bois massif entourée de fauteuils luxueux siégeait au centre de la pièce. Sur cette table on pouvait voir une pile d'uniformes bleu Amestriens, soigneusement pliés, ainsi qu'une mitrailleuse MG-42 et ses munitions.

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MessageSujet: Re: Manoir Yoki (reconstruction)   Mar 20 Oct - 21:36

Audace, la réussite dépendait de l’audace dont Cassandra pourrait faire preuve.

Le ciel avait été menaçant, mais assez clément pour attendre que la jeune femme s’infiltre dans le bâtiment avant d’éclater, et de déverser ses pleurs sur le manoir. Cassandra lui en savait gré, puisque trempée, elle aurait eu bien du mal à ne pas se faire remarquer – laisser des flaques partout, il y a plus discret – et en plus, le bruit de la pluie crépitant sur les fenêtres couvrait le bruit de ses pas. Ce n’était pas une raison pour se relâcher, chose que Cassie ne se permettrait pas, dans ce nouveau lieu menant à une situation similaire que précédemment : un long couloir meublé avec style, attestant de la richesse du propriétaire, sur lequel donnaient deux portes. Sauf que cette fois, pas besoin de s’approcher pour savoir que l’endroit était tout sauf désert : un peu plus loin, des éclats de voix que le tonnerre ne parvenait pas à couvrir attestaient d’une présence humaine, et d’une présence alcoolisée même. Nul besoin d’être grand clerc pour reconnaître les accents caractéristiques que donne l’abus d’une bonne bouteille. Ou d’une mauvaise dans ce cas précis, à ce que la mise des soldats en guenilles laissait penser.

Mais avant de nous attarder sur cette tablée, c’est un tableau qui attira l’attention de Cassie : sur sa droite, fixé à l’endroit où aurait du se tenir une autre de ces superbes toiles, ou un miroir d’époque, une de ces magnifiques glaces au contour ouvragé, se trouvait un vulgaire tableau d’affichage en liège constellé de morceaux de papiers attestant de son utilisation récente. Contraste saisissant entre le gothique des lieux, il rappelait à Cassandra que sous cette architecture typique témoin d’une époque révolue, se tenaient des installations modernes destinées à la recherche de point.
C’est bien cela que lui avait révélé Albert Wesker, l’ancien scientifique qui avait travaillé ici. Ou plutôt qui le lui avait dit, sans qu’elle ne prenne ses paroles pour argent comptant, bien qu’il ait parlé de plein gré, sans aucune contrainte de la part de l’amestrienne. Ce fut même elle qui s’était retrouvée en position de faiblesse face à un Wesker en pleine possession de ses moyens, armé qui plus est. Si le commandant Stanford était là aujourd’hui, c’était bien pour vérifier que les assertions de l’espion, si crédibles soient-elles sur le moment, avaient réellement un fond de vérité. Ce qu’elle avait vu pour le moment ne lui semblait pas avoir de rapport direct avec les informations données par ce dernier, mais ce n’était qu’apparence. Avec de que Cassandra connaissait de la Red Pearl, tout se liait.

Souvenez-vous.


Martin Wallace a écrit:
"Il y a deux choses à considérer dans l'état actuel des choses. Au Nord et au Sud, les Communistes, dans nos rangs se trouve une entreprise au capital énorme nommé la Red Pearl, qui est en train de se démarquer avec un courant d'idée plutôt capitaliste, et de polluer notre nation. Ils sont nos alliés, mais ne dit on pas que le Capitalisme est l'exploitation de l'homme par l'homme et le communisme le contraire."

Martin s'accouda sur son bureau, il essayait de faire comprendre la situation comme il la voyait, et de justifier son ordre de mission, de manière à ce que tout soit plus clair.

"La Red Pearl se dit une filière de l'armée, mais c'est une chose plutôt discutable. Ils se sont retiré vers Xing, et leur PDG, Alekzander Trust a réussi à soudoyer l'empereur, qui a fait de lui son successeur... comprenez bien que la Red Pearl manigance quelque chose. A vrai dire il ne s'agit pas que de la Red Pearl, car l'entreprise en elle-même n'est pas un danger, mais Trust est stupide de s'afficher à Xing. Je déteste les gens qui font preuve de stupidité, ça les rends dangereux. Me suivez vous? Percevez vous où est le véritable danger?"


Voilà le premier contact que la jeune femme eut avec la Red Pearl Corporation, et qu’elle commença à s’y intéresser. Suite à l’incident Trishkar, cette mission que comptait lui confier Martin n’était plus d’actualité, cependant Cassie s’était tout de même renseignée sur ma Red Pearl, au cas où ce serait à nouveau à l’ordre du jour. Ce qui était ressorti de ces investigations avait de quoi étonner n’importe quel militaire peu au fait des manigances politiques, surtout en ce qui concernait les têtes pensantes de l’entreprise, dont les noms étaient bien connus pour d’autres raisons…
Si Trust était et restait le président de la Red Pearl, on aurait pu être étonné de voir que le directeur de la filière biologie n’avait été autre que Martin Wallace lui-même. Avant d’être un militaire, Martin était avant tout un scientifique, et c’était après tout logique. Ce qui était moins logique, c’était la manière dont il avait présenté une Red Pearl à laquelle il n’appartenait plus à Cassandra, la diabolisant pour un faire un objet de traitrise. Il est vrai que l’entreprise avait été associée à l’armée, et même un partenaire privilégié puisque fournissant l’armement, pour ensuite se réfugier à Xing. Ca n’était guère étonnant, lorsque l’unique but était lucratif, et non pas patriotique : seul comptait pour la Red Pearl l’appât du gain, et s’associer avec Amestris ne semblait plus rapporter la même notoriété.

Et puis vinrent les révélations de Wesker. Ce que Cassandra connaissait déjà de l’entreprise au travers de ses lectures "officielles" n’était qu’une simple surface, et ce qui se cachait derrière était bien plus intéressant. Ce dont elle avait d’ailleurs déjà eu un petit aperçu, puisqu’elle ne s’était pas contentée de compulser les documents militaires à sa portée : après son entrevue avec Julien Trevor, et le délai de quelques jours qu’elle s’était octroyée pour effectuer son travail normal et ne pas éveiller les soupçons, Cassie était parvenue à dénicher des informations supplémentaires sur la Red Pearl, qui concernaient également le manoir. Celui-ci avait été racheté en 1911, sur les conseils de Martin – et oui, encore lui – et inspecté par le chef de la sécurité alias Stark Spencer accompagné de son frère Jyo. Quand on disait que tout se recoupait ! Ca aurait pu en être grisant, voire même comique, si le sujet n’était pas aussi sérieux qu’un vaste complot. Complot contre l’état, ou complot étatique ? Il était encore trop tôt pour le découvrir, car avec les informations dont disposait Cassandra actuellement, il n’y avait rien qui puisse esquisser les buts de cette coalition.
Vu son origine, l’entreprise où s’étaient côtoyé quasiment tous les grands noms de l’histoire politique actuelle, Cassandra était en droit de se demander si l’animosité avouée entre les Spencer et Martin, et l’aversion de ce dernier pour Trust dont elle avait été témoin, n’étaient pas juste une vaste machination impliquant pratiquement le monde entier. Ce serait particulièrement tordu, et horrible… à tel point que devant une telle hypothèse, Cassie ne pu réprimer un long frisson d’angoisse, suite à quoi elle se força à inspirer, profondément et silencieusement. Il n’y avait rien pour étayer pareille supposition, n’allons pas trop vite en besogne. Pour l’instant, concentrons-nous sur du concret, et le concret, c’était le sous-sol et les rapports de Wesker.

Albert Wesker a écrit:
« Il y a quelques années je travaillais comme chercheur chez une entreprise agricole à Central, la BioSyn. Puis j'ai quitté cette entreprise pour la fameuse Red Pearl Corporation, la célèbre entreprise qui a fournit l'armée en armement entre autre. J'ai fait la connaissance là-bas d'autres chercheurs et de membres du personnel qui vous diront sans doute quelque chose : Martin Wallace, William Birkin, Stark et Jyo Spencer, et bien évidemment, le chef de l'entreprise, Alekzander Trust. L'entreprise était tout sauf claire. J'ai donc vite été muté dans les équipes qui faisaient les recherches classées A, c'est à dire tout ce à quoi le grand public n'a pas accès...armement...armes biologiques et chimiques...et aussi recherches alchimiques plutôt douteuses. J'y ai découvert l'envers du décors, aussi mes anciens employeurs m'ont contacté pour me donner une grande somme d'argent en échange de produits des recherches de la Red Pearl. J'ai accepté, en dépit du manque de sens moral que cela impliquait. J'ai eu alors une réponse à ma plus grande question, comment la Red Pearl pouvait financer de tels projets par elle-même? L'armée...l'armée finançait la Red Pearl, et avait mis à disposition du personnel pour la protection et le déroulement des recherches comme les Spencer qui étaient dans l'armée à cet instant. J'ai alors été infecté par un virus de la Red Pearl à cette période, mais je n'en dirait pas plus là-dessus, c'est par la suite que j'ai rejoint Drachma, et que tout s'est déroulé à peu de choses prés comme c'est indiqué dans les dossiers. J'ai été dès lors un espion, un revendeur d'armes biologiques et un ennemi public. En volant des rapports pour le compte d'Aerugo, j'ai fait d'étranges découvertes. Je ne peux pas vous en dire plus, si ce n'est que vous devriez vous renseigner sur la Panacée, c'est une légende. »


De ce qu’avait dit Wesker, un bon nombre s’était déjà vérifié, puisque les noms de Spencer, et le lien qu’entretenait la Red Pearl avec l’armée était avéré, à fortiori lorsque l’on découvrait des membres des Red Beehives sensés retraités. Red Pearl, Red Beehives… une même couleur, un front commun ? L’entreprise était sensée avoir quitté les lieux, pourtant, son implication dans ce qu’il se passait dans le manoir ne pouvait pas être écartée.
Par contre, s’il y avait bien une chose que Cassandra avait du mal à accepter, c’était de savoir que parmi ces personnes, se trouvaient d’anciens compagnons. Même si elle était commandant et leur supérieur, elle ne les considérait pas comme de simples trouffions, mais chacun était un compagnon d’arme, avec qui elle avait vécu des situations critiques, ce qui rapprochait inévitablement. D’ailleurs, même sans s’avancer vers les joueurs situés pile poil en face d’elle –elle avait pris soin de se dissimuler derrière un meuble pour ne pas être repérée, même si le risque était diminué par le taux d’alcool dans leur sang – la demoiselle avait reconnu sans peine la voix de l’un d’entre eux, une voix qu’elle connaissait bien puisque non content de faire partie de Red Beehives, cet homme était également un sniper, donc placé directement sous son commandement, s’entraînant même bien souvent à ses côtés. Ajoutez à cela que ce soldat lui avait sauvé la vie à Créta, face à un colonel aerugue particulièrement fort et fanatique, comment Cassandra aurait-elle pu oublier Flavio Valenti… Ce n’était d’ailleurs pas le seul à se rappeler à son bon souvenir à cet instant, car sur le tableau, au milieu des informations éparpillées sur des morceaux de papiers, puisque celui d’Ottavia Litz revenait encore la hanter, accompagné d’un code utilisé par leur section lors de la bataille à Créta. Pour un peu, la Stanford aurait laissé échapper un rire jaune, qui aurait bien exprimé son dépit. Tout la ramenait à une époque pas si lointaine, où à défaut de contrôler la situation sur le champ de bataille, elle pensait pouvoir compter sur ses troupes pour assurer les arrières. Quelle belle ironie de voir que c’était ces mêmes troupes qui se trouvaient à présent constituer l’obstacle qu’elle devait franchir…

La nostalgie et les regrets, c’est bien beau, mais ça ne fait en aucun cas avancer les affaires.

Bref, arrêtons là les réflexions, et regardons un peu ce qui est exploitable pour étayer ces hypothèses, plutôt que de s’y enfoncer au point de s’y noyer, sans aucune bouée pour remonter à la surface que le bon sens et le besoin d’avoir des preuves. Les preuves, il ne restait plus à Cassandra qu’à aller les chercher au niveau inférieur. Chose qu’elle pourrait probablement faire si elle parvenait à continuer son chemin sans anicroche.

Tout d’abord, analyse de la situation : droit devant elle, les soldats et jok's kids au repos, en train de jouer. Un peu avant, sur la droite, une porte, qui devait donner sur une autre de ces pièces meublée avec goût, mais menant cette fois au sol-sous. Qu’est-ce qui faisait dire ça à la jeune femme sans même y avoir jeté un coup d’œil ? Le tableau justement, puisqu’il décrivait les règles de sécurité à respecter à partir de cet endroit. Cela laissa supposer que l’entrée de cette zone comportant les laboratoires scientifiques et alchimiques ne se situait pas loin. Le tout était de savoir comment observer les lieux sans se faire repérer, car le tout devait évidemment être gardé… Le commandant Stanford n’avançait pas autant dans l’inconnu que l’on pourrait le croire, et avait repéré une immense tapisserie caractéristique couvrant le mur opposé à cette porte, tapisserie décrite en détails par Hector, qui s’amusait souvent dans ce manoir quand il était jeune. Si les souvenirs de son frère étaient exact, alors…
Prenant bien garde à ne pas faire de mouvements brusques, la jeune femme rejoignit le bord de la tapisserie, qui était hors de vue des personnes postées devant la porte du laboratoire, et passa derrière cette dernière. Là, il y avait un petit renfoncement qui lui permettait de se dissimuler sans être vue. C’était bien la cachette préférée de ses frères et de leur ami, qui pouvaient alors espionner les adultes sans êtres vus. Le manoir, comme toutes les vieilles bâtisses de grandes familles, regorgeait de petits secrets comme celui-ci, encore fallait-il les connaître. Une fois derrière la tapisserie, Cassandra trouva bien vite le petit trou, placé un peu plus bas que son visage, par lequel elle pu enfin examiner la situation. Un homme, une femme, tous les deux postés devant une porte à code. Le code, ce devait être celui qu’elle avait vu écrit de la main d’Ottavia Litz, même si cela semblait un peu facile, mais les chiffres et lettres comportaient un code que le commandant Stanford savait déchiffrer, ce qui ne devait pas être le cas de tout le monde sur place. Restait à trouver un moyen de passer ces deux personnes, qui portaient le même uniforme que le soldat lecteur et Flavio Valenti, laissant à supposer qu’eux aussi faisaient ou avaient fait partie des Red Beehives et qu’ils savaient se servir de leurs armes, voire même n’en avaient pas besoin. Une fois que la jeune femme, bien dissimulée, respira un bon coup et se fut calmée, une idée germa dans son esprit. C’était encore une fois un peu dangereux, audacieux, mais pourrait être payant. Le but de Cassie était de ne pas se faire repérer, et là encore, la solution était une diversion. Et quelle meilleure diversion que de jouer avec ces ivrognes et leur boisson ?
Dans une des poches de son treillis, Cassandra avait encore de ce filin solide, et une boîte d’allumettes. Le but était de parvenir à faire tomber une des bouteilles encore à moitié vide à terre et d’y mettre le feu… L’embrasement serait immédiat, et ces soldats et jok's kids un peu trop avinés ne pourraient faire autre chose que de paniquer, obligeant les deux soldats de garde à quitter leur post, alertés par la fumée et les cris des autres. Un plan à la fois simple, mais difficile à mettre en œuvre, vu les mouvements limités par ce soucis de dissimulation. Mais rien n’empêchait d’essayer, et de renoncer si cela se révélait être une véritable gageure.
Tout d’abord, Cassandra fit un nœud au bout du filin, en y attachant un bout de la gomme de tout à l’heure, qui malheureusement s’était coupée en deux à cause de ce même fil. A moins, ça lui permettrait de ne pas se faire repérer au son que produirait ce poids en frappant le verre de la bouteille…
Prenant pour cible une bouteille un peu dissimulée, puisque posée au pied d’une chaise – par un des joueurs qui ne voulait pas qu’un autre en profite ? – Cassandra tendit le bras, et lança son lien. Elle du s’y reprendre à plusieurs fois avant d’y parvenir, laissant passer un certain temps entre chaque essais, histoire de ne pas se faire repérer à la légère ondulation de la tapisserie se répétant. Avec du temps et de la patience, Cassie parvint à accrocher son fil, il lui suffit donc de tirer, pour que le liquide se déverse en filet, jusqu’à ce que la tâche de vin sur le tapis posé au sol atteigne une circonférence raisonnable et suffisante pour son plan.
La suite : craquer une allumette, la lancer, et voir ce qu’il se passerait…

"Tu vas regretter ce que t'as dit Flavio, j'en ai bien plus dans le pantalon que tu n'en auras jamais... Qu'est-ce que tu dis de çaaaaaaaaaaaah!"

L'homme n'avait même pas pu terminer sa phrase, car le bas de son pantalon venait de prendre feu, et l'homme eut tôt fait de se lever et de frapper le sol avec son pied. Ses camarades éméchés ne trouvèrent d'abord rien d'autre à faire que d'éclater de rire, puis, lorsqu'ils réalisèrent la gravité de la situation, se mirent à se lever, et renverser encore plus d'alcool sur le feu, attisant les quelques flammes qui léchaient déjà la table et se répandaient dans la pièce. Evidemment, une telle agitation ne put qu'alerter les soldats de garde, qui tous les deux se précipitèrent, comme l'avait prévu Cassie.

Profitant de ce vent de panique qui soufflait sur le manoir, la jeune femme souleva doucement la tapisserie, puis fila discrètement vers la porte à code d’accès, où elle pianota celui qu’elle avait gardé en mémoire. Sans autre forme de procès, et le bruit couvert à la fois par les cris et le tonnerre grondant au dehors, la porte s’ouvrit, sésame vers la suite de la visite. Elle eut une petite pensée pour Flavio, espérant que son petit stratagème ne ferait pas de lui une victime, mais cela n'entama en rien sa détermination à avancer.
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MessageSujet: Re: Manoir Yoki (reconstruction)   Mer 21 Oct - 21:22


Les soldats qui gardaient la porte se ruèrent pour éteindre le feu, abandonnant pour quelques dizaines de secondes leur poste.

« Bande d'ivrognes, arrêtez un peu de vous souler si vous ne savez pas le faire correctement! »

De nouveaux cris retentirent, une altercation entre les soldats au repos et les sentinelles. Cassandra avait bien réussi son coup, et elle avait réussi à passer furtivement toutes les piéces du manoir investit par les soldats Rese-T-Enebra et les Jok's Kids sans se faire repérer. La lourde porte métallique se ferma derrière elle.

Manoir Yoki : Laboratoires

Un long escalier en colimasson menait à un long couloir qui se ramifiait autour de plusieurs pièces qui étaient des laboratoires. Evidemment, l'accés à chaque laboratoire était interdit par une porte avec un petit verrou actionné par une console où il fallait entrer un code. Des plantes vertes tropicales des régions humides de Créta étendaient leurs longues feuilles décorant le couloir, couloir qui ne comportait pas un grain de poussiére. Là encore se trouvait un panneau d'affichage en liège avec de nouvelles inscriptions.

Inventaire prévu le 30 Juillet, n'oubliez pas de ranger les laboratoires.

Le temps des travaux, l'accès à la forêt du manoir est strictement interdite.

Le personnel de sécurité est prié de faire la demande pour son affiliation, chaque garde doit porter son arme chargée en service, et appliquer à la lettre les instructions du code orange.

Les antivirus du département biochimie ne peuvent êtres utilisés que sous autorisation du responsable de laboratoire.


Sur le mur opposé se trouvait un plan de l'étage avec le titre « Sous-sol 1 : laboratoires »

Ici le décors était radicalement opposé à celui du manoir. Des carreaux blancs ornaient le sol, ce qui donnait un côté trés moderne à l'installation. Plusieurs laboratoires étaient listés sur le plan : biochimie, chimie, biologie, bloc opératoire, morgue, et chambre de culture. L'étage s'étendait sur plusieurs centaines de métres carrés, et il y avait aussi l'indication de plusieurs bureaux portant les codes 1A à 1G. Les bureaux des chercheurs étaient aussi à cet étage.
Le bureau 1A affichait une petite plaque avec son annotation. Le bureau était une petite piéce standardisée où se tenait une bibliothéque très fournie comportant de nombreux ouvrages alchimiques et traitant de différents domaines de biologie. Le petit bureau de bois était parfaitement rangé, laissant cependant apparaître quelques piles et un pot avec des crayos et stylos en tout genre. Un fauteuil en cuir semblait appeler Cassandra pour qu'elle s'y assoie. Derrière le siège se trouvait un perchoir, caractéristique des bureaux ayant appartenus à Martin Wallace, qui avait pour animal de compagnie un petit jeai qui ne le quittait que rarement. Un diplôme était encadré sur le mur, un doctorat de génétique délivré par la prestigieuse université de Central au nom de Martin Wallace.

Le bureau offrait toute sorte de documents divers et variés à la vue de Cassandra, mais beaucoup n'étaient que des notes de chercheurs qui se justifiaient de tel ou tel incident à en voir les tournures particuliérement flatteuses qu'ils employaient, où il s'agissait de rapports de membres de la sécurité. Sur le bureau se tenait par contre un petit magnétophone en parfait état. Si Cassandra avait fréquenté longtemps Martin elle reconnaîtrait le modèle militaire sur lequel l'alchimiste enregistrait tous ses rapports et toutes ses impressions pour ne rien oublier dans les rapports. La bande était de bonne qualité et laissait s'échapper une voix monocorde.
"Journal du Docteur Martin Wallace, Commandant de l'armée d'Amestris et alchimiste d'état. Cette bande s'écoule sur la semaine du 18 juillet 1911 . Aujourd'hui , dimanche, les chercheurs ont enfin emménagés au manoir, Trust a accepté de payer le matériel sans trop rechigner, heureusement pour moi et mes projets. Tous ces bureaucrates de Central veulent des résultats sans se mouiller les mains. Suite demain."

Un court vide s'écoula sur la bande, puis la voix de Martin reprit.

"Lundi 19 Juillet 1911. Le personnel étant habilité à résider au manoir de Youswell a été trié sur le volet par moi-même, les recherches que nous méneront ici seront peu conventionnelles. Nous sommes à peu près à 40 kilomètres de Youswell dans la campagne, l'endroit est difficile à trouver et plutôt bien sécurisé. La direction commence à se demander pourquoi je demande un tel système de sécurité, les imbéciles, il n'y a décidément que Trust et les Spencer de valables dans cette entreprise, des recherches de cet ampleur demandent une grande sécurité, les armes biologiques développées ici n'ont aucun antivirus, aucune recherche ,ni aucune publication n'ont été réalisées à leur sujet, nous sommes les premiers, et nous devons le rester dans le plus grand secret. De nombreuses tensions éclatent en ce moment, le gouvernement vient de changer, tout est propice à une nouvelle crise, et tout porte à croire que le Généralissime va lancer des opérations militaires, ou en subir. Je dois oeuvrer pour la technologie et non pour la science , la Red Pearl corporation a lancé une nouvelle dynamique, en effet lorsque je réalisais des recherches sur la transgénèse et les chimères aux côtés de Tucker, nous faisions quelquechose de fondamental, qui trouvait, ou ne trouvait pas son application ensuite. La démarche que je dois effectuer ici est tout à fait aux antipodes, je dois trouver l'application avant de savoir de quoi il s' agit, mais la précipitation des évènements et le risque d'une nouvelle guerre contribuent à me décider à agir plus vite. Les bactéries Porobacterium développées contre les chimères ont été un succès, et l'armée me les a prise, mais ce n'était que la première phase d'un grand programme de recherche, l'avenir c'est ce que nous appelons virus, j'ai réussi la première transgénèse sur un virus végétal par thermotransformation, mais j'ai du utiliser mon alchimie, maintenant je l'ai fait sur un virus non identifié de Xing, il semble appartenir au même groupe que le Lithovirus, ou virus de la pierre qui fit tant de morts il y a quelques années, modifié, il provoque une augmentation de l'activité mitotique, je pense qu'il pourrait être utilisé à des fins médicales."

Un nouveau vide.

"Mercredi 21 juillet 1911.Les tests n'avancent pas, et la contamination d'un rat donne des résultats effrayant, il a les escroissances tuméfiées et hyper kératinisées propres à la maladie de la pierre et subit des mutations horribles, il a une augmentation de l'agressivité, mais le sujet ne survit que quelques heures. Les résultats sur le chat sont par contre prometteurs, après incision sur 20 centimètres, et inoculation du virus , la régénération est complète. Je ne sais pas si je peux l'utiliser sur l'homme, mais il me faudrait une forme intermédiaire pour faire l'expérience, une chimère humaine...Je suis un monstre...En même temps il n'y a pas d'autres solution..."

La voix du scientifique était sanglottante dans les derniers mots.



"Jeudi 22 juillet 1911. Capture d'une chimère avec beaucoup de mal, elle sera nommée sujet d'expérience C-18 , c'est une chimère femelle d'environs une vingtaine d'année, même si l'estimation est difficile sur ce genre d'organismes. J'ai extrais la balle l'ayant blessé ce matin, mais la plaie s'est infectée, c'est encore mieux, je l'ai ensemancée de bactéries pour provoquer un début de septicémie... Le virus a fait effet immédiatement, mais ça semble avoir modifié un certain nombre de paramètres dans son métabolisme, elle semble emettre des ondes, mon scalpel s'est mis à vibrer lorsque j'ai voulu pratiquer une incision ce matin, rendant l'opération impossible... Je fais tout ça pour mon pays . »


"Vendredi 23 juillet 1911. Aujourd'hui nous avons tenté l'expérience sur un humain, il a eu les syndromes du rat, et est parvenu à s'échapper, j'ai envoyé les gardes à sa poursuite, mais pour l'heure je dois partir à Central chercher Violette, elle ne doit pas rester seule, je reviendrai dans trois jours... J'ai confié la direction des recherches à Harry, mon second au manoir... espérons qu'ils retrouveront l'homme infecté, nous ne savons pas quelles mutations il a pu subir...Cette pauvre chimère n'y est pour rien, je l'ai entreposé dans mon bureau, sous la surveillance de Harry, je m'excuserai auprès d'elle, elle sera libre à mon retour, mais j'étais obligé d'agir ainsi..."

Cette bande faisait partie des « vérités difficiles » que ne devait pas découvrir Cassandra selon Wesker. Un autre papier s'apparentait à un protocole, un protocole d'élaboration de chimère, à partir d'un humain, il s'agissait en réalité de la fabrication d'un T-44, version antérieure du T-48, chimère de combat mise au point par Martin qui avait fait trembler les Aerugolais sur le champ de bataille. Une lettre d'un chercheur y était jointe.

Cher collégue,

Le premier T-44 sera bientôt prêt pour les tests que vous vouliez effectuer. La chimère de combat semble parfaitement viable, et elle ne présente pas les problémes d'insuffisance respiratoire chronique qu'avaient les 52 sujets précédants. Le probléme est que les tissus semblent se nécroser anormalement vite. Je compte sur vous pour m'amener de nouveaux cadavres fraîchement décédés.

Trevor n'a pas encore envoyé son rapport quant aux possibilité d'adapter un systéme cardiovasculaire externe, mais d'après ce que je sais, il est toujours en garnison prés de Lior. Je compte sur vous pour le rappeler à ses obligations. Trevor est un chercheur nécessaire à la finalisation de ce projet, nous ne pouvons nous plier à sa fantaisie.

Dr. Ludwig Dykers


La lettre datait de 1912, année de mise en service des T48. Par ce document, Cassandra pourrait déduire que le lieu avait été à nouveau investi par les militaires en 1912, et qui plus est un des lieux top secrets de fabrication des T48, qui étaient devenu des légendes sur les différents fronts, terrorisant alliés comme ennemis.
Le dernier document présent sur cette table était un cahier dans lequel était écrit visiblement des pensées personnelles du futur Généralissime.

Les Karasus Fukitsus ont franchi un nouveau pas dans la violence et la barbarie en envahissant Lior et en soumettant Rush Valley. Notre gouvernement a réussi à répondre par le biais de Deus, ce qui fut le premier acte de guerre contre le groupuscule. Le fait que les Karasus possédent une armée nous a surpris, ce qui a été le premier échec de notre réseau d'information, si nous avions su qu'ils étaient pareillement dotés, nous aurions pu anticiper la bataille d'East City qui nous a coûté plus qu'elle n'aurait du. Puis il y a les traîtres Spencer, ces imbéciles ont bien failli mener Amestris devant un échec cuisant. Heureusement que la nation a tenu suffisamment longtemps pour que nous puissions découvrir les fabuleuses propriétés des cercles antiques trouvés dans les ruines de Xerses. En effet, le peuple de Xerses pratiquait l'alchimie à un niveau bien supérieur au notre, et en avait fait une philosophie, cette civilisation avait donc compris qu'en maîtrisant l'alchimie, elle maîtriserait l'équilibre politique de Shamballa, se mettant à l'abri des guerres et des conflits.

En ce qui concerne Amestris, nous sommes dans le cadre d'une dictature militaire, et l'armée se doit de conserver son rôle auprés de la population, dans ces termes, nous devons jeter toutes nos forces contre les Karasus. Si tous ces groupes venaient à prendre le dessus sur nous, ils finiraient par se disputer le partage de leur butin, et il s'en suivrait un retour au chaos, j'ai développé cette idéologie tout au long de mon mandat, mais visiblement, un autre groupuscule est derrière tout ça. Depuis que nous avons traduit les manuscrits de Xerses sur cette fameuse Porte, il semblerait que des documents administratifs et du personnel disparaisse. Je ne sais pas encore qui est derrière tout ça, mais je soupçonne fortement de Haut-Dignitaires d'être impliqués là-dedans. J'ai encore le soutiens du Commandant Stanford et des Red Beehives, qui ont été mon bras armé tout au long de ma carrière d'officier Général, ils ont été tellement candides et idéalistes que je n'ai pas pu faire autrement que de les rallier à ma cause. J'ai d'ailleurs trouvé très étrange qu'ils ne soient pas désabusé devant l'effroyable guerre à laquelle à conduit mon régime...je n'ai pas été compris, et maintenant nous en payons tous les conséquences, mais après tout, on ne fait pas d'ommelette sans casser les oeufs, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour anéantir Stark Spencer...




Julien descendit au rez-de-chaussée, toujours accompagné de son escorte et aperçut le chaos qui régnait près de la porte qui menait aux laboratoires. Il comprit tout de suite de quoi il s'agissait. Il était sur la bonne voie. Alors que les deux sentinelles allaient chercher de quoi nettoyer, il s'engouffra furtivement dans l'ouverture de la porte métallique, après avoir tapé le code. L'officier sortit son Luger et descendit lentement les marches tout en marmonnant avec un petit sourire.

« Nous y sommes, visiblement vous ne voulez pas faire marche arrière, après tout il est trop tard. Mademoiselle Stanford, m'accorderez-vous cette danse? »

Trevor descendit silencieusement l'escalier.

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MessageSujet: Re: Manoir Yoki (reconstruction)   Ven 23 Oct - 22:27

Après avoir fermé la porte, Cassandra souffla, signe d’un certain soulagement, mais toujours discrètement. Ce n’était pas parce qu’elle avait entendu dire que l’endroit des laboratoires n’était plus sous surveillance qu’elle pouvait se relâcher, et se comporter comme en pays conquis. Loin de là ! D’ailleurs, le commandant Stanford resta près de la porte qu’elle venait de franchir, au cas où sa diversion n’ait pas été suffisante. Elle avait bien entendu les cris et le début d’altercation entre les soldats de garde et les autres, mais il n’était pas dit que l’un d’entre eux ne l’aurait pas remarquée lorsqu’elle avait quitté le recoin derrière la tapisserie, endroit beaucoup plus sûr que les autres puisque ne semblant pas avoir été découvert. Si une des personnes ne l’avait que serait-ce entraperçue, et qu’elle voyait la porte se refermer, alors Cassandra était en danger. Le plus sage consistait maintenant à se dissimuler, même si elle ne connaissait pas vraiment les lieux – les plans qu’elle avait consulté n’indiquaient pas même l’existence de ce sous-terrain – aussi la demoiselle prit-elle les escaliers en colimaçon pour enfn s’enfoncer vers la vérité, du moins l’espérait-elle. Ce qu’il y avait à découvrir, c’était les tenants et aboutissement de ces recherches, si secrètes qu’elles avaient nécessité la construction d’un complexe sous-terrain high-tech dans un coin isolé et insoupçonnable. Un sous-terrain dont tout la sécurité avait été assurée par un ingénieur, duquel le nom ne vous semblera probablement pas inconnu non plus, même si aujourd’hui, son rôle a bien changé : Denis Nedry. Les factures relatives au manoir que Cassandra avait découvertes avaient bien mentionné son nom, et tout ce que l’on pouvait ajouter, c’est que Nedry n’était pas connu pour effectuer des actes dans la plus pure légalité... ou sans euphémisme aucun, disons que ce dernier trempait toujours dans quelque magouille.

Parvenue en bas des escaliers, le pied toujours léger pour ne pas émettre le moindre son si ce n’est le bruit irrépressible de sa respiration, Cassandra se retrouva dans le couloir, non pas blanc et aseptisé comme on aurait pu le croire, à l’image de ces longs couloirs d’hôpitaux si impersonnels, mais presque chaleureux, avec ces belles plantes vertes disposées tout le long, plantes encore vertes attestant de l’entretien de l’endroit. De même, il n’y avait pas trace de saleté, comme la poussière, ce qui confortait Cassie dans l’idée qu’elle ne devait pas se détendre et conserver sa rigueur toute militaire.
Alors qu’elle scrutait l’endroit, dans un style en totale opposition avec ce qui se tenait à présent au-dessus de sa tête, Cassandra ne tarda pas à trouver le tableau de liège identique à celui du dessus, qui contenait autant d’informations utiles, dont le fameux plan des lieux. Voilà déjà de quoi faire, et le commandant Stanford s’empressa de le mémoriser, pour savoir par quoi commencer.
A en juger par le niveau de sécurité requis, il y avait peu de chance qu’elle puisse avoir accès aux laboratoires proprement dits, ce qui de toute façon n’était pas son objectif. Cassie avait beau ne pas être une scientifique, et ne guère comprendre grand-chose à tous les termes techniques, elle en savait suffisamment pour avoir compris que les recherches classées secrètes de cet endroit étaient dangereuses, et qu’elle pouvait être exposée à des substances nocives si elle fouillait au mauvais endroit… Aussi, les bureaux paraissaient bien plus indiqués pour effectuer son inspection, c’était là où elle pourrait éventuellement trouver des dossiers, des rapports de recherche, dont ceux de Wesker. Après tout, c’était essentiellement pour cela qu’elle était venue, grâce à l’espion qui lui avait donné cette adresse, et attisé sa curiosité déjà bien éveillée par ses propres observations de la tête de cette armée qui lui était si chère. Non sans s’être assuré qu’il ne restait âme qui vive à ce niveau, voilà donc la jeune femme s’approchant du premier de ces bureaux… et qui eut son premier choc. Bien sûr, elle était déjà au courant que Martin avait maille à partir avec les lieux, et la situation, mais le fait de découvrir d’entrée de jeu le bureau de l’ex-généralissime, si identique à celui qu’elle lui avait connu, avec ses ouvrages spécialisés, son diplôme accroché au mur, et ce perchoir désespérément vide, avait de quoi ébranler la jeune femme. C’était surtout l’effet de nostalgie qu’il avait produit sur elle, la ramenant des mois en arrière, au temps où elle était son bras droit, et où son admiration pour lui avait tendance à diriger sa vie. Oui, Cassie l’avouait volontiers, ce n’était pas la pure raison qui l’avait amenée dans le sillage de Martin : il y avait autre chose chez l’albinos qui fascinait la jeune femme, en plus de cette vision commune du patriotisme. Seulement, difficile de déterminer ce que cela pouvait être… Et aujourd’hui, alors que les aléas de la guerre avaient changé la donne, ils n’étaient pas pour autant séparés, puisque le jeune homme était devenu son maître en alchimie.
Le moment était peut-être mal choisi pour songer au passé, à ses bons et mauvais côtés, car le temps lui était compté. Elle ne savait déjà pas comment sortir de ce laboratoire aussi finement qu’elle y était entrée… bref, examinons les documents le plus rapidement possible, afin de récolter le maximum d’informations en un minimum de temps. Au côté quelque dossiers ayant peu d’intérêt pour la jeune femme, si ce n’est donner des indications sur les études menées en ces lieux, c’est le magnétophone qui attira la jeune femme. Connaissant Martin, elle savait qu’il enregistrait au préalable ses rapports avant de les mettre par écrit. Avec un peu de chance… oui, une bande était effectivement à l’intérieur du magnétophone, ne restait plus à la jeune femme qu’à l'écouter. Etait-ce prudent de le faire sur place ? Evidemment que non, mais dans ces conditions, avec l’excitation de la véritable percée qu’elle venait d’effectuer, Cassandra ne pouvait pas ne pas le faire. Appuyant sur le bouton, non sans poser sur le haut parleur un morceau de tissu pour en atténuer le son, le commandant Stanford, autrefois bras-droit de Martin Wallace, écouta ce que ce dernier avait eu à dire.

Si on se référait aux noms cités, c’est-à-dire Spencer, Trust, les spéculations de Cassandra étaient justes, toutes ces personnes et la Red Pearl étaient bien impliquées dans cette affaire avec Wesker. Et si les Red Beehives étaient ici, vêtus d’un autre uniforme, mais pas sans avoir conservé leur uniforme officiel d’Amestris – Cassie les avait bien vu soigneusement plié dans la salle précédente, alors, il y avait ort à parier que tout cela avait un lien avec l’armée… Que ce soit pour la suppléer, ou pour la supplanter, elle ne le savait pas encore, mais ce serait probablement un des points suivants.
Comme les activités légales de la Red Pearl concernaient l’armement, ça n’était en réalité pas très étonnant qu’elle soit impliquée, d’autant plus que la voix enregistrée de Martin évoquait les armes biologiques. Les recherches de Martin concernant les chimères étaient connues de la jeune femme, du moins les recherches les plus officielles, quant aux officieuses… en voilà un petit exemple. Cela était-il étonnant de la part de Martin Wallace que de se livrer à ces études ? Oui et non. Martin n’était pas connu pour avoir des scrupules, et pourtant, il transparaissait dans cette bande des accents d’humanité que d’aucun s’était accordé à lui enlever. Sauf peut-être Cassie. Si l’on se référait à la morale, ces recherches étaient injustifiées, et hautement condamnables, c’est bien pour cela que tout était resté caché. Pourtant, d’un certain point de vue, ce pouvait être explicable… c’était peut-être tordu, mais ce qui comptait, c’était le résultat final, et l’intérêt du plus grand nombre.
Malgré cette vision relativiste, Cassandra était tout de même ébranlée par ce qu’elle lisait. Elle n’avait pas la réputation d’être une femme naïve, et savait qu’il se passait des choses de cet acabit en sous-sol, néanmoins, se retrouver face aux évidences surprenait et choquait. On avait beau l’imaginer, ma réalité dépassait toujours ce qà quoi on avait songé. Il n’y avait d’ailleurs pas que la bande qui avait provoqué cet effet sur Cassie, la lecture d’une lettre accompagnant un protocole de recherche l’avait à nouveau ramenée en arrière, à une époque pas si lointaine. Si elle n’était pas encore très familière avec l’alchimie de la vie, surtout pas à un niveau aussi avancé, elle avait pu déchiffrer les cercles utilisés, et jugé ce qui avait été fait sur ces cadavres… Si Cassandra n’avait pas été un soldat bien entraîné à contrôler ses gestes et ses émotions, nul doute qu’elle aurait été transie d’horreur. Là, elle ne put tout de même réprimer un long frisson glacé qui li parcouru l’échine. Wesker avait bien raison de lui dire qu’elle ne savait rien du tout…

Dans une sorte de curiosité malsaine, la jeune femme continua à lire ce qui se trouvait à sa portée.
1911 : les T-44.
1912 : les T-48.
Un an séparait les deux, ce qui supposait que les recherches avaient continué pour donner ce dernier spécimen, utilisé par l’armée d’Amestris, même si cette utilisation massive ne seyait guère à ses soldats ni même aux gradés. Cependant, lorsque l’on disposait d’une telle arme, développée dans ce but, pourquoi s’en priver ? Tiens, son propre nom était cité d’ailleurs, par Martin évidemment, ainsi que la désignation de son idéologie politique, que Cassandra avait plus ou moins vu de cette manière. Pourtant, l’homme ne disait-il pas dans cette note qu’il n’avait pas été compris ? Et que les Red Beehives et leur commandant, Cassandra, le suivaient par idéalisme et naïveté… cela faisait bien longtemps que la Stanford avait dépassé le stade de l’idéalisme, en laissant de côté la vision patriotique absolue de son père et de ses frères pour se forger sa propre opinion. Si Martin n’avait pas compris que la jeune femme partageait sa façon de penser depuis le temps… à moins que ce qui l’étonnait, à savoir leur loyauté malgré la guerre soit perçue par ce dernier comme cette compréhension qu’il attendait plus que de la bêtise.

Il y avait tout de même une autre chose à souligner : le nom de Trevor était également cité… Nous avons donc l’explication de sa mise en garde, le jeune homme devait savoir ce que Cassandra trouverait à cet endroit, puisqu’il avait fait partie de ce projet… C’était une des possibilités qu’avait envisagé la jeune femme, avec le fait que Julien pourrait très bien se trouver sur place, puisqu’il ne faisait aucun doute que la demoiselle entêtée ne suivrait pas son conseil.

Une phrase en particulier avait frappé Cassie : "en maîtrisant l'alchimie, elle maîtriserait l'équilibre politique de Shamballa, se mettant à l'abri des guerres et des conflits.. Cela faisait l’effet d’être le leitmotiv de toutes ces installations, le but précis de toutes ces recherches, et la raison du secret autour de tout cela…

Le nid de scorpions, Cassie était en plein dedans, restait à voir si elle pourrait éviter leurs mortels dards.
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MessageSujet: Re: Manoir Yoki (reconstruction)   Lun 2 Nov - 21:49




Cassandra avait découvert la partie émergée de l'iceberg. Le bureau de Martin Wallace avait été nettoyé un minimum par ce dernier, et un bon nombre de documents étaient absents car ils avaient été rapatriés sur l'île de Yok. Le bureau suivant était le bureau 1F, le bureau d'un certain Docteur William Bikin. Le bureau était bien moins personnalisé ici, mais on retrouvait cependant de la littérature spécialisée en science ici aussi. Une photo encadrée sur le bureau représentait Birkin, sa femme, une femme blonde, et sa fille, blonde également. Toute la famille semblait complétement similaire. Birkin était un maniaque de l'ordre, aussi tout était soigneusement rangé et étiqueté. Ici aussi se trouvaient un certain nombre de documents concernant les T-48 et leur production. Birkin avait mis au point de nouvelles techniques pour augmenter le rendement, et acheminer les cadavres au manoir, ainsi que tout un procédé de culture pour que le virus Wallace soit produit plus vite. Là se trouvait un rapport sur la technologie Karasu.

Les ingénieurs Karasus ont mis au point une étrange technologie. D'après les rumeurs, ils avaient mis au point un engin planeur qui permettrait d'attaquer les ennemis par les cieux, et pensaient l'utiliser contre Amestris. Il semblerait qu'ils aient détruit les plans avant que nous ayons eu accès à cette invention. C'est dommage que nous n'ayons pas pu nous en emparer.
En ce qui concerne les cercles de transmutation trouvés dans la région de Xerses, nos recherches avancent à grand pas, et nous serons sans doute en mesure de proposer un modèle sur le fonctionnement de ces cercles bientôt, nous devons donc nous armer de patience et laisser faire les alchimistes. Avec la progression des Aerugolais à Créta, tout porte à croire que nous allons devoir déménager bientôt à l'endroit secret convenu.


Birkin, comme tous les autres n'avait pas eu le droit d'évoquer la destination secrète que certains membres de l'armée avaient décidé pour aller mettre en sécurité le fruit des recherches qui avaient été faites dans le manoir. La Red Pearl avait eu ce manoir dans un premier temps, mais après la fuite de la Red Pearl vers Xing, l'armée avait tout récupéré et avait tiré profit de tous ses avantages. Martin Wallace avait été pour beaucoup dans cette récupération de technologie qui avait permis d'améliorer l'équipement du soldat Amestrien standard. Le fameux William Birkin avait autre chose de plus important sur son bureau, une note de sa main qui datait du 20 Octobre 1912, la fin de la guerre là encore.

Destinataire : Docteur Fred Kurenko, ingénieur de recherche et de production

Provenance : Dr. William Birkin, directeur des recherches de l'Armée d'Amestris

Nous sommes prêts à déménager, le QG secondaire qu'a constitué ce manoir pour nos divisions scientifique n'est plus des plus sûrs. Nous ne pouvions plus rester à Central à cause des risques d'invasion et d'espionnage, maintenant nous devons pour les mêmes raisons quitter cette vieille bâtisse et rejoindre le point de rendez-vous, le Généralissime Wallace veut absolument que les T-48 soient produits avec la même cadence qu'auparavant, et ce malgré le personnel et les laboratoires que nous avons perdu. Le Lieutenant-Colonel Maverick a été nommé à la tête du projet, je vous conseille donc de tenir vos délais, sinon vous devrez en répondre devant l'armée. La guerre est quasiment perdue, nous le savons, notre armée ne fait que reculer, il est impératif que les Aerugolais ne tombent pas sur des documents compromettants qui pourrait mener à la découverte de notre projet, le Lieutenant-Colonel Maverick a déjà escorté une grande partie du personnel au QG secondaire, qui sera notre point de chute final, faites disparaître en priorité les documents où le lieu est cité, pour les autres, il y a peu de chances que quelqu'un retourne au manoir un jour.


Les propos n'étaient pas difficiles à comprendre. Birkin était l'homme qui avait eu pour mission de maintenir la production de T-48 stable, malgré la défaite qui approchait, c'était ce qui avait permis entre autre de retarder les Aerugolais et d'enliser leur armée dans de longs mois de combat à Créta. Birkin faisait cependant mention d'un lieu dont Cassandra ne trouverait le nom nulle part dans le manoir, un lieu dont toutes les preuves le concernant avaient été détruites. Après tout, l'île de Yokk était le seul vrai centre à défendre. Le bureau qui était adjacent à celui de Birkin était un bureau encore plus austère. On pouvait cependant deviner à qui avait apparu ce bureau par la photo qui ornait le bureau. Un autre diplôme était accroché au mur, un diplôme de doctorat ici aussi, de l'Université de Central. Ce diplôme était décerné à un certain Albert Wesker, pour une thèse en biotechnologie. Une autre photo montrait Wesker, sans ses lunettes de soleil, avant son infection. L'homme paraissait complétement différent de celui qu'avait rencontré Cassandra: chétif, les cheveux ébouriffés et de grands yeux bleus. Cassandra comprendrait vite que le cadre de la photo était très volumineux et qu'en fait, il contenait un carnet. Il y avait beaucoup de photos sur les installations de la Red Pearl, des indications sur une certaine « pierre philosophale » que recherchait l'armée, et enfin une description de ce qu'on appelait les homonculi. Ce carnet n'avait rien de professionnel, d'ailleurs une page de garde annonçait la couleur.

*
Julien Trevor avaçait à pas de loup, cherchant à localiser Cassandra Stanford par tous les moyens. Selon le bruit qu'il avait entendu elle était dans le bureau de Birkin. Il y arriva et laissa passer sa tête dans l'entrebâillement de la porte...vide. L'officier se retourna vivement et aperçut le bureau de Wesker.

Bonjour à toi,

je suppose que si tu as trouvé ce carnet, qui que tu sois, c'est que je suis mort, ou alors que la situation est devenue tellement désespérée que j'ai besoin d'informer quelqu'un sur toutes les recherches que j'ai fait jusqu'à présent. Qui que tu sois, tu dois être au courant que ce carnet comporte des informations qui changeront à jamais la vision que tu as du monde et que le secret qu'il porte peut faire tomber la nation d'Amestris. Tout d'abord : je me prénomme Albert Wesker, je suis chercheur pour le compte de la Red Pearl, et ai signé un contrat de confidentialité avec l'armée...ce contrat, je ne le respecterai jamais, ces salops m'ont tout pris, et sont capable des pires exactions. L'armée et la Red Pearl sont corrompus, et tout porte à croire qu'un complot se prépare, et que l'armée cherche à créer, ou a déjà créé des homonc...


*

La porte derrière Cassandra fut ouverte sans aucune discrétion, un bruit métallique indica qu'on pointait une arme en sa direction. Elle aurait sans doute compris la nécessité de cacher le carnet.

«Commandant Stanford, comme on se retrouve. Ce n'est pas bien de fouiller dans les affaires des autres. Je vous avais pourtant prévenu. »

L'officier portait son uniforme Amestrien, ses gants de cuir parsemés de cercles de transmutations à peine remarquables, et tenait son Luger, casquette à visière enfoncée sur le crâne. Un détail cependant avait changé, Julien portait une sangle de cuir en bandoulière, qui laissait voir le fourreau d'un tantô. L'arme blanche était tout ce qu'il y avait de plus authentique, et sur la garde on pouvait voir les deux katanas entrecroisés qui ornaient les uniformes des sentinelles du manoir. Deux ponpons tressés de fils d'or et d'argent ainsi que de précieuses broderies ornaient la garde de l'arme.

« Je ne vais pas vous cacher que vous êtes dans de très mauvais draps, j'ai reçu des ordres lorsqu'on m'a envoyé ici, si vous ne voulez pas aggraver votre situation vous allez devoir me suivre, et sans résistance. Mais avant tout...brainstorming... que savez-vous de ce manoir? Je vous conseille de répondre sérieusement...»


Les cartouchières de l'uniforme de l'alchimiste vibraient et il s'en échappait un bourdonnement à peine perceptible.

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MessageSujet: Re: Manoir Yoki (reconstruction)   Mer 4 Nov - 22:27

Premier bureau, et très bonne pioche. Qui sait ce que les autres pouvaient lui réserver ? C’est dans cette optique qu’une fois ses recherches terminées dans le bureau de Martin – mais aussi parce que rester dans un tel endroit la rendait mal-à-l’aise, tant il lui paraissait semblable aux autres bureaux de Martin qu’elle avait connu – Cassandra Stanford pénétra dans le bureau suivant, non sans avoir bien vérifié le couloir avant cela. Malgré la propreté des lieux, il n’y avait pas âme qui vive pour l’empêcher de continuer, pour le moment…

Dès lors que Cassie mit le pied dans le bureau suivant, elle sut à qui il appartenait, et qu’elle allait encore une fois trouver des éléments importants pour son enquête personnelle. En effet, la photographie dans le cadre présentait un homme qu’elle ne connaissait pas personnellement, mais dont le visage lui était familier : William Birkin, tout comme le lui avait dit Julien Trevor quand elle avait subrepticement placé la photo le montrant en compagnie de Wesker dans le dossier de l’opération H5N1. Et vu les noms qui figuraient sur les quelques dossiers
La jeune femme eut bien moins de mal à rester dans cette pièce, vu que le bureau, mis à part le traditionnel diplôme et la photo de famille – montrant que si leurs recherches étaient éthiquement choquantes, c’étaient des hommes comme les autres qui les menaient – était bien plus sobre voire spartiate, ne laissant la place que pour le travail. Là aussi, de nombreux livres spécialisés, et des dossiers concernant les recherches menées en cet endroit. Plus grand-chose ne semblait pouvoir étonner la jeune femme, qui entreprit d’en lire le maximum, afin d’être certaine de ne pas passer à côté d’un point important, même si ce qu’elle lisait semblait redondant.
Là encore, les T-48 étaient à l’honneur et l’horreur de leur conception ne transparaissait pas à travers la prose si particulièrement neutre des scientifiques. Il n’y avait pas dans les écrits de Birkin les mêmes réflexions profondément humaines que Martin laissait transparaître, surtout dans sa voix tremblotante et pour tout dire émouvante, vu que Cassie n’avait jamais pu être témoin direct de ce genre de comportement de sa part bien qu’elle ait été son bras droit pendant un certain temps. Elle ne connaissait pas l’homme, n’ayant pas pu le localiser avant de venir au manoir bien qu’ayant essayé, mais voyait la rigueur qui semblait diriger l’ensemble de sa vie, jusqu’à sa famille si policée. Ca lui rappelait d’ailleurs ses propres photos de famille…
Par contre, là où un nouvel élément venait troubler la demoiselle, c’était un nouveau nom familier qui s’étalait sous ses yeux. Le lieutenant-colonel Maverick… avec un grade supérieur, et un caractère différent selon l’intéressé, qui avait bien expliqué à Cassandra ses "erreurs" passées, il n’empêchait que plus celle-ci avançait, et plus le nombre de gens de sa connaissance en prise avec les évènements augmentait. Il y avait de quoi être suspicieuse envers tous, et le dîner qu’elle avait promis à Trezilka qui lui avait sauvé la vie à l’hôtel risquait bien d’avoir un autre but que ce simple remerciement…
On a beau être un soldat, capable d’endurer un bon nombre de conflits, de privations, l’esprit entraîné a aussi des limites, et toutes ces découvertes successives commençaient à entamer le moral de Cassandra.

Après ces nouveaux éléments quelques peu perturbants, il n’y avait plus grand-chose à découvrir dans le bureau de Birkin, autant continuer sur la lancée et passer au bureau adjacent. S’attarder autant était peut-être un peu dangereux, mais rien ne laissait présager que la situation allait évoluer. Et pour être vraiment discrète, puisque les lieux semblaient vides mais pas désertés, elle remettait bien en place tout ce qu’elle avait manipulé avec des gants.
Décidément, c’était le jour de chance de Cassandra, vraiment : le bureau suivant était celui de Wesker, en témoignaient les cadres contenant photo et diplôme. Et encore, la jeune femme aurait presque eu du mal à le reconnaître, tant le Wesker qu’elle avait rencontré était à des lieux de son ancien "lui" tant au niveau physique qu’au niveau moral : la pièce était encore plus sobre que la précédente, si c’était possible, bien loin de l’homme assez exubérant qu’il avait semblé être. Même si après l’avoir à nouveau vu en tête-à-tête, Cassie s’était bien rendu compte que ce n’était qu’une façade…
Le commandant allait entreprendre la fouille habituelle dans les dossiers, lorsque le cadre en question, qu’elle fixait sans savoir vraiment pourquoi, lui sembla bien étrange… Après avoir effectué un pas sur le côté, la perspective lui révéla qu’elle avait eu une bonne intuition et que contrairement à celui de Birkin, le cadre était bien plus épais, assez épaix pour contenir autre chose… Bingo ! Sous ses doigts fins, les pages d’un carnet remplis de notes, de schémas et autres photos, montrait ses secrets, et probablement l’essentiel des recherches de ce laboratoire.
Cassandra ne put s’empêcher de commencer la lecture de l’écriture manuscrite sur la page de garde.


Albert Wesker a écrit:
Bonjour à toi,

je suppose que si tu as trouvé ce carnet, qui que tu sois, c'est que je suis mort, ou alors que la situation est devenue tellement désespérée que j'ai besoin d'informer quelqu'un sur toutes les recherches que j'ai fait jusqu'à présent. Qui que tu sois, tu dois être au courant que ce carnet comporte des informations qui changeront à jamais la vision que tu as du monde et que le secret qu'il porte peut faire tomber la nation d'Amestris. Tout d'abord : je me prénomme Albert Wesker, je suis chercheur pour le compte de la Red Pearl, et ai signé un contrat de confidentialité avec l'armée...ce contrat, je ne le respecterai jamais, ces salops m'ont tout pris, et sont capable des pires exactions. L'armée et la Red Pearl sont corrompus, et tout porte à croire qu'un complot se prépare, et que l'armée cherche à créer, ou a déjà créé des homonc...


Mais Cassandra ne put pas même arriver jusqu’à la fin de la première page…

Julien Trevor a écrit:

«Commandant Stanford, comme on se retrouve. Ce n'est pas bien de fouiller dans les affaires des autres. Je vous avais pourtant prévenu. »


Ce n’est que lorsqu’elle entendit les paroles de Julien qu’elle remarqua la présence de ce dernier, dans son dos.
Pour le coup, Cassandra avait agit comme un bleu, et négligé de bien surveiller ses arrières… Trop absorbée par la lecture de cette découverte majeure, ce pour quoi elle était là et ce qu’elle pourrait enfin emporter puisque personne ne pourrait remarquer la disparition de ce qui était resté caché à leurs yeux pendant des années, la demoiselle avait omis de tendre l’oreille et d’écouter les bruits de pas venant troubler le silence religieux de l’endroit. Bien mal lui en pris, comme nous le constatons, et elle ne put que se résoudre à cette défaite en levant lentement les bras après le déclic métallique caractéristique, et à faire face au nouvel arrivant, dont elle avait parfaitement reconnu la voix.
Le carnet de Wesker quant à lui était très bien dissimulé parmi les nombreuses possibilités qu’offrait le treillis de la jeune femme. Elle avait à peine eu le temps d’y jeter un coup d’œil pour savoir de quoi il retournait, mais il ne faisait aucun doute que c’était bien là ce que lui avait indiqué l’espion.


Julien Trevor a écrit:

« Je ne vais pas vous cacher que vous êtes dans de très mauvais draps, j'ai reçu des ordres lorsqu'on m'a envoyé ici, si vous ne voulez pas aggraver votre situation vous allez devoir me suivre, et sans résistance. Mais avant tout...brainstorming... que savez-vous de ce manoir? Je vous conseille de répondre sérieusement...»


Déjà il ne semblait pas enclin à la tuer, que ce soit sur place ou même après, et ça n’étonna guère Cassandra. Prenant en compte l’éventualité de cette situation bien que cherchant par tous les moyens à l’éviter, le commandant Stanford s’était dit qu’il ne serait pas prudent pour quiconque de l’armée – vu que c’était la principale force sur place, à avoir utilisé les locaux – de tuer un de ses commandants. Tout simplement parce que des personnes étaient au courant de sa venue ici, puisqu’elle n’aurait pu accéder à toutes ces informations seule en si peu de temps, et que les soupçons se porteraient forcément sur le manoir. Apparemment, le laboratoire bien qu’entretenu n’était plus usité et la plupart des recherches et productions déplacées en un autre lieu dont elle n’avait pas encore pu prendre connaissance car n’étant pas explicitement cité dans les écrits découverts, mais ce serait tout de même fâcheux que de perdre un endroit pareil pour ceux qui en avaient eu l’usage, et s’en servaient encore aujourd’hui. Cassie n’était pas en position de force, mais n’avait pas perdu toutes ses cartes…
Cependant, l’heure n’était pas à la plaisanterie, et le ton provocateur qu’elle avait employé avec Julien tout le long de son interrogatoire par ce dernier n’aurait pas sa place ici. Si le membre de la police militaire s’était montré patient avec elle et ses petites piques, il n’avait aucune raison de le faire maintenant.


" Bonjour commandant Trevor, je ne suis pas du tout surprise de vous retrouver ici, même si je ne peux pas dire que cela me fasse particulièrement plaisir. Concernant ce manoir, j’en sais assez pour répondre à certaines de mes questions, mais trop peu pour ne pas m’en poser une foule de nouvelles…
Maintenant que je suis dans le nid de scorpions, que comptez-vous faire de moi?"

Cassandra avait dit tout cela calmement, tout en posant ses mains sur sa tête, sans s’avancer encore vers le jeune homme avant qu’il ne le lui demande. Elle ne montrait ainsi aucune vélléité de résistance et semblait accepter sa défaite, même si intérieurement, elle se morigénait de s’être ainsi faite surprendre. Et si jamais il lui venait à l’idée de résister, il lui fallait de toute façon être prudente face à Julien, car elle n’avait jamais combattu à ses côtés, mais connaissait ses capacités alchimiques. Les insectes bourdonnants dans ses cartouchières étaient bien plus menaçants que les grenades ou le Luger, dans le sens où ils étaient bien plus insidieux et traitres : elle avait bien vu leur action sur Ildar, qui avait failli mourir à cause d’une seule piqûre…
Un détail à noter, détail bien étrange : si le jeune homme portait bien son uniforme de l'armée régulière, l'arme raffinée qu'il portait sur le côté n'avait rien de réglementaire. Il l'arborait un peu comme un décoration, un symbole dont le sens échappait à Cassie.
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MessageSujet: Re: Manoir Yoki (reconstruction)   Jeu 5 Nov - 19:04


Julien Trevor tenait fermement son arme, c'était fait, il avait grillé sa couverture. Après tout, c'était mieux plutôt que Stanford découvre des indications sur le Spirographe, des fois il fallait savoir retrousser ses manches, et sacrifier la mise qu'on avait mis dans le jeu. Julien avait joué, il avait perdu, sa mission avait été de dissuader Cassandra de pénétrer dans le manoir, mais visiblement elle ne l'avait pas écouté. Il fallait maintenant jouer la partie avec sa tête.

« Réponse plutôt vague Commandant Stanford. Que vais-je faire de vous? C'est une très bonne question, disons que ça dépend de vous. J'ai échoué dans ma mission de vous dissuader de venir ici. Si j'avais du vous éliminer, je l'aurais fait depuis un moment, et croyez moi je vous suis depuis un petit moment, les méthodes de la police militaire pour éliminer un élément dissident ne manquent pas. Je ne suis pas stupide au point d'éliminer quelqu'un de votre rang. En réalité lorsque les gens organisent un assassinat, ils pensent souvent à planifier l'avant, mais rarement l'après. Et dans votre cas, l'après serait difficile à gérer, vous êtes une personnalité, une enquête mènerait ici, et vu que nous avons un nouveau Généralissime, il est difficile de prévoir sa réaction lorsqu'il prendrait connaissance d'un tel lieu. »

Julien jeta un regard sur le bureau où se trouvait là aussi des indications sur les T-48, selon le Commandant, la jeune femme avait pu se documenter. C'était intéressant, car vu son affectation durant la guerre, il y avait à parier qu'elle ignorait tout des T-48, dans la tête de l'officier, c'était la raison de sa venue ici, chercher les indications sur la guerre.

« A ce que je vois vous avez eu le temps de vous documenter. Notre travail a été très dur durant la guerre, un travail de longue haleine pour développer des armes originales et efficaces, sans ça, l'armée Amestrienne n'aurait pas tenu deux semaines à Créta. Mais vous savez quel est le plus ironique? Si vous sortez aujourd'hui et parlez de ça, aucun civil ne vous croira et vous passerez pour une aliénée. Si un haut-gradé vous entend, il vous fera passer en cours martiale, et vous serez certainement condamnée à mort avant d'avoir pu prouver quoi que ce soit. »

L'officier avait eu un léger sourire, après tout, il était en position de force sous tous les plans. Stanford était quelqu'un de brillant, mais ignorait pas mal de choses à propos de l'armée, sa petite enquête personnelle pouvait lui coûter cher, et rien que le fait qu'elle se rende sans faire d'histoire prouvait qu'elle avait au moins réalisé ça.

« Les choses ne sont pas toujours ce qu'elle semblent être, votre petite enquête vous a mené ici, mais pensiez vous réellement que nous vous accueillerions à bras ouverts? »

Si le Commandant avait essayé de la mettre en garde, il n'était plus temps à la bienveillance. Maintenant il fallait réparer les pots cassés, et trancher dans le vif. Trancher dans le vif avant que qu'une oreille attentive ne capte les histoires au sujet de ce manoir. Un agent Numbers aurait très bien pu suivre l'affaire de prés et convoquer ses petits camarades à une virée dans le manoir afin de rendre une petite visite à l'Organisation . Les Numbers pourchassaient Trevor depuis qu'ils savaient qu'il était l'unique survivant de la bataille de Certol, si on pouvait parler de bataille, en réalité ils voulaient les informations relatives aux laboratoires secrets de l'armée. Ces laboratoires et leur défense était capitale, et Trevor et la Rese-T-Enebra cherchaient à cacher le fait qu'il ne restait qu'un seul de ces laboratoires, le Manoir Yoki, ce qui expliquait qu'on ait envoyé Trevor seul s'occuper de cette affaire, avec uniquement son coéquipier, coéquipier qui restait toujours dans l'ombre.

« A cause de votre petite escapade, je risque ma vie, alors maintenant vous allez me suivre, vous et moi monterons dans une voiture, je vous conduirai où mes supérieurs m'ont demandé de vous conduire, après le reste ne me regarde plus. Je ne suis qu'un simple militaire après tout. »

Trevor était loin d'imaginer ce qui allait se passer.

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MessageSujet: Re: Manoir Yoki (reconstruction)   Jeu 5 Nov - 21:01

Les deux hommes avaient assez attendus. De manière brève et sans bruits, ils avaient quittés leur abris dont faisait office un des arbres de la forêt pour s'infiltrer dans le manoir quelques temps après que Cassandra le fit.
Après avoir refermé la porte derrière eux, ils s'employèrent très vite à analyser les alentours.


-Personne... Go!

L'un des deux hommes sortit un plan qu'il déchiffra très vite en marmonnant des mots tout en suivant un chemin avec son index. Apparemment, leur organisation, avait pu se procurer les plans du Manoir. Facilitant grandement leur tâche. Car du reste, ils savaient très bien que le seul endroit où il aurait été "logique" de cacher et protéger ce qu'ils venaient trouver (entre autre), était encore les sous sols. Sous sols aménagés en laboratoires, toujours selon le plan dont était muni l'un des énergumènes. Et puis, il ne fallait pas être d'une intelligence extrême, pour comprendre que certains agents de leur organisation avaient suent s'infiltrer eux même dans cet endroit, parmi les effectifs de "bas étage". Ceux-là n'avaient pas l'avantage d'avoir des postes fort influents, certes, mais ce n'était de toute façon pas le but. Le tout était d'avoir des informations sur le mode de fonctionnement du Manoir. Le reste était de l'affaire de personnes comme les deux qui avaient pénétrés le Manoir. Et ils avaient l'avantage d'en savoir long sur la sécurité, les tours de ronde, et l'aménagement des lieux.

-Il faut prendre par là.


Ainsi, il fut plus aisé pour eux de se faufiler à travers les mailles du filet, bien qu'ils prirent bien le temps d'attendre les moments opportuns où quelques soldats se distrayaient à un moment ou un autre. De fatigue, ou d'amusement. En fait, ce qui devait être le plus facile, en était devenu le plus difficile. Apparemment, quelqu'un avait mit le feu dans le secteur où se trouvait la porte menant directement à la cible des deux infiltrés. Et de conséquence, un amas de soldats s’était affairé à éteindre le feu, pendant que quelques plus hauts gradés les réprimandaient sur leur incompétence. Cela pouvait prendre des airs d'une scène comique, mais il n'en était rien pour les deux hommes qui se trouvaient alors beaucoup plus mal lotis pour traverser le couloir menant à la porte en question.


-Fini la furtivité. Du moins, partiellement. Vas y, je te rejoins, après m'être occupé de ces hommes.
-Tu es sur?
-Bien sûr, le temps de les neutraliser, sans éveiller les soupçons. Va!
-A tout de suite!

En moins de temps qu'il n'aurait fallu pour le dire, les deux hommes se séparèrent. L'un courra s'engouffrer dans la porte conduisant directement à Julien et Cassandra.
C'est alors que quelques soldats l'aperçurent.


-EYE!! UN INTRU!!!!

Une ombre leur fit barrage. Celui qui était resté avait quitté son pardessus noir, et fixait la masse de soldats lui faisant face.
Il fut naturellement aussitôt mis en joue, mais quelques secondes plus tard l'atmosphère changea du tout au tout. Tous les soldats s'écroulèrent à terre, sans un bruit.
Sans perdre un instant, l'auteur de ce phénomène s'empressa d'aller voir, un par un les soldats pour leur faire subir une étrange expérience...


Pendant ce temps, son compagnon avançait à tâtons, dans la lumière tamisée de l'endroit, peuplé de quelques bureaux désaffectés. Ne faisant confiance qu'à son ouïe, il repéra très vite une source de bruit, provenant de la conversation entre Julien et Cassandra.

Citation:


« A cause de votre petite escapade, je risque ma vie, alors maintenant vous allez me suivre, vous et moi monterons dans une voiture, je vous conduirai où mes supérieurs m'ont demandé de vous conduire, après le reste ne me regarde plus. Je ne suis qu'un simple militaire après tout. »


Apparemment, il arrivait juste à temps. Juste avant qu'ils ne refassent surface. Et dans un moment de la conversation où ni l'un, ni l'autre, des interlocuteurs ne se seraient douter une seule fois de sa présence.
Tout alla très vite. L'homme enleva lui aussi son pardessus noir et se saisi de l'un de ses katanas qu'il mit en travers de la gorge de Julien. L'intéressé ne pouvait rien voir d'autre que le bras, tenant fermement ce qui pouvait très vite devenir l'instrument de sa mort, et où y était dessiné un "6" en chiffre romain.





-Bien le bonsoir à vous... Un seul geste de trop, et c'est la mort.

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MessageSujet: Re: Manoir Yoki (reconstruction)   Lun 9 Nov - 22:32

L’obstination était-ce ce qui avait perdu Cassandra ? Son obstination à continuer, et à s’infiltrer dans le manoir, malgré le danger, pour enfin voir de ses yeux la vérité ? Et pour quoi ? Juste pour satisfaire sa curiosité ? Car après tout, qu’aurait-elle pu faire des ces informations, si ce n’est les garder pour elle, au risque de finir en tant que gibier, comme l’était Wesker.

Les paroles de Julien faisaient exactement écho à ce que la jeune femme avait pensé, concernant le fait que sa disparition serait bien plus embêtante pour eux que le fait de la garder en vie. C’était bien elle qui était le plus embarrassée par cette histoire en réalité, élément isolé face à une organisation qui, si elle ne semblait pas très unie (confère les Jok’s Kids et les anciens Red Beehives) était redoutablement bien organisée et implantées dans toutes les couches de la société amestrienne apparemment.
Cassandra, qui ne comptait pas impliquer ses frères qui l’avaient aidée à arriver jusque là, était belle et bien seule…


"Je sais très bien que vous me suivez mon cher commandant Trevor, je sais même que vous êtes arrivé ici avant moi. Tout comme je me doutais des conséquences de mon acte si jamais j’étais découverte. Qu’allez-vous faire de moi n’était qu’une question rhétorique si l’on y réfléchit…
C’est étrange de vous voir présumer de mes pensées d’ailleurs. Je n’ai en aucun cas remis en cause l’utilité des T-48, pas plus que leur utilisation. Je les ais vu à l’œuvre à Créta et sais à quel point ils ont été nécessaires tactiquement parlant."

La jeune femme marqua une petite pose, ses mains toujours sagement posées sur sa tête. Tout en parlant, elle fixait bien Julien dans les yeux, pour lui démontrer qu’elle n’avait aucune intention de jouer les fanfaronnes en cherchant par tous les moyens à s’échapper. Si cela avait été le cas, elle aurait probablement regardé à droit ou à gauche, discrètement, à la recherche du meilleur moyen, de tout ce qui pourrait lui être utile pour mettre Julien hors combat en peut de temps, en s’approchant discrètement de lui. Or, Cassandra restait bien à distance raisonnable du militaire, sans que son corps ne trahisse aucune arrière-pensé libertaire. De toute façon, elle avait très bien étudié la pièce en y pénétrant – déformation professionnelle – et savait très bien que le piège ne pouvait être déjoué alors autant l’accepter.

"M’accueillir à bras ouverts… pourquoi pas ? Qui vous dit que mon désir en découvrant cette vérité n’était pas d’y adhérer ? Vous avez lui mon dossier, vous m’avez interrogée, vous devez donc avoir une petite idée de comment je fonctionne… Le monde tout rose, je n'y crois pas, je ne suis pas une idéaliste."

Chassez le naturel, il revient au galop et malgré une attitude qu’on aurait pu qualifier de soumise, la petite pointe provocatrice ne tarda pas à franchir à nouveau les lèvres de
Cassandra. Seulement là où on aurait pu voir un stratagème destiné à faire douter Trevor plus qu’à le convaincre, faisant miroiter une volonté d’alliance, ce n’était que l’expression d’une possibilité qui à vrai dire, avait effleuré l’esprit de Cassandra. En tant qu’officier, elle avait appris à envisager toutes les possibilités, pour choisir la meilleure. Donc dire que l’idée de ces recherches n’avait pas été envisagée sous un aspect nécessaire et séduisant serait faux.
Quant à savoir ce que la demoiselle choisirait, d’entre toutes les options qui s’offraient à elle… Cassie aurait besoin de beaucoup plus de temps pour y penser.

Par la suite, il y avait tout de même une chose que Cassandra ne comprenait pas. Julien disait risquer sa vie… on aurait pu supposer que ses supérieurs ne seraient pas satisfaits de son échec concernant le jeune femme, mais à voir le laxisme qui régnait dans la manoir, et les Jok’s Kids indisciplinés qui avaient déteint sur des soldats surentraînés au point de les abaisser à leur niveau, ça ne semblait pas être le cas.

C’est tandis qu’elle réfléchissait à la question qu’un rebondissement survint, et que celui qui la menaçait fut menacé à son tour. Curieux revirement, car inattendu et surtout surprenant. Surprenant dans le sens où Cassandra n’avait rien vu venir, l’homme étant dissimulé et très bien dissimulé. Il faut dire que l’horizon de la jeune femme était limité par la largeur de la porte, où elle ne pouvait voir qu’une portion infime du couloir blanc.
De ce que pouvait dire Cassandra de ce nouveau venu en se fiant à l’apparence qu’il avait dévoilée, un homme au corps musclé, bardé de nombreuses lames dont il savait à l’évidence se servir, c’était qu’elle avait en face d’elle un assassin, un homme rompu dans l’art de la discrétion ainsi que dans celle du meurtre. Un être puissant et habile, qui n’avait cette fois rien à voir avec l’armée – il était facile pour la femme de reconnaître un de ses camarades rien qu’à sa posture. Et comme Julien à sa ceinture, et Trezilka sur le toit du Demon’s Hotel, arborait une lame de facture orientale…
Après l’apparence, l’attitude : bien qu’il n’ait pas dépassé le stade de la simple menace, l’homme en voulait à la vie de Trevor, il n’y avait quasiment pas à en douter. La lame sur la gorge de ce dernier aurait pu être déjà teintée de rouge, tant elle semblait assoiffée du sang de sa victime promise. Et le fait qu’il se soit infiltré ici subrepticement, sur les traces de Cassandra, sur la voie royalement ouverte par cette dernière grâce à l’incendie, faisait dire à la jeune femme que c’était sa faute s’il était ici. Et qu’il était peut-être la véritable menace pesant sur la vie de Julien… Non pas qu’elle lui doive quoi que ce soit, mais les deux hommes prenant l’intégralité de l’embrasure de la porte lui laissaient encore moins de possibilités de prendre la poudre d’escampette qu’avant.
Pour le coup, Cassandra aurait pu appliquer la politique "l’ennemi de mon ennemi est mon ami", seulement sans information complémentaire, c’était une arme à double tranchant, sans jeu de mot sur la lame ornant la gorge de Julien. L’autre option aurait pu être de se placer du côté de Trevor – lui au moins elle le connaissait et pouvait savoir un minimum à quoi s’attendre – et donc d’essayer de libérer ce dernier. Cela aurait pu être possible, si la configuration du terrain avait été différente, et si les moyens de Cassandra n’avaient pas été aussi limités.

Restons raisonnable pour l’instant, choisissons la neutralité et le dialogue. Un dialogue dans le style Cassandra évidemment, destiné à attirer l’attention et à choquer quelque peu. Ca avait toujours son petit effet, et si ça mettait l’homme en colère, elle aurait tout de même le temps de faire quelque chose. N’oublions pas que la demoiselle a toujours un atout caché, qu’elle ne dévoilera que si elle n’a pas d’autre choix.
Décroisant ses deux mains posées sur sa tête, la jeune femme laissa retomber ses bras, avant de les croiser devant elle.


"Bonsoir. Vous nous dérangez en pleine discussion je vous ferai dire. Auriez-vous l’obligeance de décliner votre identité ? J'aime savoir à qui je m'adresse" dit-elle avec aplomb, et sans aucune trace de peur.
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MessageSujet: Re: Manoir Yoki (reconstruction)   Mar 10 Nov - 20:53



Trevor observait Cassandra, cette dernière était restée de marbre, mais se conformait aux ordres du Commandant. Elle s'exprima cependant, donnant une version de ce que Trevor aurait pu faire. Qu'espérait-elle? Julien n'était pas non plus ce qu'on pouvait appeler un idéaliste, il était même parmi les officiers les plus calculateurs et les plus opportunistes. Après tout, l'Armée d'Amestris, ou un laboratoire privé ou même public, Julien n'avait jamais eu d'attache pour sa carrière, il avait suivi les promotions, et son poste dans l'armée lui avait donné plus d'influence et plus de fonds. S'il avait rejoint la police militaire, était-ce pour servir la patrie et envoyer par le fond tous les militaires corrompus? Que nenni, en réalité c'était une promotion à laquelle il ne pouvait pas dire non, et un accès à toute sorte d'informations supplémentaires, il pouvait en plus faire pression sur pas mal de sections de l'armée.

Trevor n'eut pas le temps de répondre, une lame passa sous sa gorge, à quelques millimètres de son épiderme, manquant de lui trancher la gorge de peu. En réalité, cela avait été complétement calculé par celui qui était à l'origine de cette manoeuvre, ce dernier s'exprimant de manière très fluide par la suite. Trevor reconnut l'arme, et vit enfin le « VI » sur la lame. Une lame personnalisée, c'était donc bon maintenant, Trevor avait joué avec le feu, et il allait se brûler. Le Numbers qui le menaçait, n'avait fait ça que pour l'immobiliser et voir si Cassandra était de son côté ou non, histoire de la maîtriser par un otage dans le cas échéant, mais l'officier connaissait la suite des évènements, les Numbers l'interrogeraient sur les évènements de Certol, et le tueraient sans aucun problème. La Rese-T-Enebra avaient éliminé quelques uns de leurs agents, et eux ne se gêneraient pas. Trevor laissa pendre ses bras le long du corps du Number. Trevor sourit, son sourire avait quelque chose de résigné.

« Je savais que vous viendriez, Number...six à ce que je vois. Je ne pense pas être en position de bouger. »

Au-delà des apparences, une incroyable tension était présente dans la salle. Trevor savait que le Number le haïssait autant qu'il le haïssait lui-même, tout cela sans se connaître, pour des chemins idéologiques opposés. Chacun représentait l'antithèse de l'autre, et Cassandra ne pouvait pas comprendre cela, elle essaya de négocier avec eux. Julien ne put réprimer un ricanement.

« Vous êtes optimiste, cela fait des mois qu'ils me pistent, comme des félins derrière une gazelle. Croyez-moi, on ne négocie pas avec ces gens là, ce ne sont pas des amateurs. »

Les Numbers avaient résisté à la dissolution lorsque l'armée avait pris l'assaut sous Wallace de leur Dôme caché dans la campagne, depuis les Numbers avaient perdu beaucoup de leurs agents, mais avaient augmenté la pression sur le gouvernement et au niveau de leurs actions contre le régime. Ils étaient professionnel, redoutablement informés, et entraînés au-delà de ce que le corps d'un humain lambda pouvait endurer. Ils connaissaient sans doute déjà l'identité de Cassandra sans qu'elle ne le sache. Alors que Julien avait parlé, il avait délicatement activé ses cercles, faisant sortir de sa manche quelques frelons, attirés par les phéromones, et l'alchimiste avait transmuté un pan de vêtement du Numbers en phéromones de stress, les frelons qui s'étaient introduit dans la veste de l'homme avaient immédiatement commencé à s'exciter.

« Number 6, vous pardonnerez mon arrogance, mais il me semble qu'à ma plus grande déception, nous ne nous considérons pas au même niveau de respect mutuel... »

Les frelons sortirent leurs dards, surprenant le Number, Julien remonta violemment sa main et attrapa la main de l'homme, profitant de sa surprise pour s'emparer de la lame et la jeter au sol. Le Commandant attrapa la tête de l'homme par les cheveux de son autre main, et la projeta violemment contre le bureau en bois. L'impact fut assez violent et laissa s'échapper un bruit assez important. Cassandra ne pouvait pas douter, Trevor irait jusqu'au bout, quitte à éliminer le Number. L'officier ouvrit ses cartouchières les paumes de ses mains. L'expression sur son visage se figea.

« Qu'est-ce que tu dis de ça Six? Tu pensais réellement que j'allais te suivre sans rien dire? »

Il y avait quelque chose en plus que du défi dans sa voix, Cassandra avait mis les pieds dans une guerre, une guerre qui la dépassait.

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MessageSujet: Re: Manoir Yoki (reconstruction)   Hier à 20:09

Le bureau en bois avait fait office de matelas dur… très dur ! Number 6 n’eut apparemment pas le temps de comprendre ce qui lui arrivait et en quelques secondes, il eut le nez littéralement fracassé. Le ton était lancé. Ni les Numbers, ni la Rese-T-Enebra n’allait faire de cadeaux à l’adversaire. Tout allait être aussi violent que ce premier geste porté par Julien. Julien, qui, comme tous les membres de la Rese-T-Enebra, avait du répondant combatif. Et ce même sans être un Samuryoden. C’est avec ce qu’il avait appris à la Rese-T-Enebra qu’il pu d’ailleurs s’offrir le luxe de porter ce coup au Number.
Quoi qu’il en soit, le Number ne se releva pas de terre, et une coulée de sang se répandait petit à petit de son nez en sale état. Inconscient, il était très vulnérable, mais c’était aussi pour ça que chez les Numbers, on était toujours à deux…
Cinq soldats firent irruption dans la pièce. Cela aurait pu faire office de bon pronostic pour Julien, si seulement ceux-ci étaient de son coté. Or, il semblait bien que cela en était tout autre. Les yeux dans le vague, l’expression éteinte mais terne, les soldats avaient l’air dans un état second. Et le pire c’était qu’ils pointaient tous leurs armes sur Julien et Cassandra, prêts à tirer. C’est alors qu’une voix se fit entendre :


-Je n’aime pas que l’on fasse du mal à un de mes collègues, Julien… Ce n’est vraiment pas faire play….

Sans aucune hésitation, un soldat tira une balle qui alla se loger directement dans l’un de genoux de Julien. Le choc fut violent, et le sang coulait déjà à flot. Ainsi donc, le nouveau venu, était sans aucun doute un Number. Mais très habile, il restait caché dans l’ombre, tandis qu’il se servait des propres sbires de Julien pour accomplir le travail. Tels des pantins sans âmes, ces hommes au service du Manoir, n’étaient plus que des marionnettes au service de ce mystérieux énergumène qui se cachait toujours dans les environs, et dont seule la voix résonnait dans la pièce :

-J’espère que tu as mal… Mais cela n’était qu’un amuse gueule. Alors je ne le répèterais pas. Primo, ne tente plus rien. Secondo, donne nous les documents confidentiels que tu confine ici même, ou tu mourra dans d’atroces souffrances.
Quant à vous, mademoiselle Stanford. Ne faites rien qui pourrait s’avérer être l’erreur de votre vie…

Le Number avait parlé avec une voix des plus sereines. Mais cela, ne rendait l’atmosphère que plus pesante et effrayante.

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